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 Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]

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Ilya Melnik
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MessageSujet: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Ven 8 Avr - 21:47

Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent.

[Voltaire]



-LÀ! IL EST LÀ!

Aux abords de la grande et noble ville sainte, près des anciennes portes datant encore tu temps ou la cité n'était qu'un petit village, le calme qui régnait habituellement sur les quartiers un peu moins aisés était dérangé par une soudaine agitation. Dans les petites ruelles, un bruit de course, des cris énervés, le martèlement des pas sur le dallage. Un petit groupe de personnes, trois, peut-être quatre si le petit gros n'avait pas abandonné par épuisement, s'acharnaient à poursuivre un grand rouquin qui filait à toute berzenk entre les maisons blanches immaculées décorées de symboles religieux. Il était complètement hors d'haleine, un main accrochant le tissus de son vêtement sur son torse à en avoir les phalanges blanches, la bouche ouverte, désespéré de recevoir de l'air pour continuer sa course, échapper à ses poursuivants qui clairement ne lui voulaient pas que du bien.

Ilya avait encore gaffé. Ou plutôt, le contrôle de sa pierre lui avait échappé à un moment assez inopportun, et bien sûr, il avait été incapable d'expliquer pourquoi le patron de cette bande de loubards qui déjà le regardaient d'un mauvais œil avant s'était soudainement écroulé en toussant, l'éclat vert vif autours du poignet du jeune homme le découvrant bêtement. Oh, et puis peut-être le fait qu'il avait viré au blanc maladif à la même seconde.
En bref, tout ça les avait menés à la situation actuelle, un grand gars mince, pieds nus, la peur se lisant dans ses yeux bleu-gris, tentant désespérément de semer ces types qui semblaient bien décidés à lui faire la peau. Et si Ilya avait l'avantage d'être assez bon à la course et plutôt endurant, le fait qu'il était à deux doigts de s'écrouler et résistait durement au besoin de tousser ses entrailles ne l'aidait pas des masses. Ce qui faisait qu'au final, ses adversaires gagnaient du terrain de façon inquiétante. Et ça les motivait.

Un tournant sec au prochain coin de rue, il manqua de s'étaler de tout son long, se rattrapa de justesse et repérera, quelques mètres plus loin, l'entrée d'une cour intérieure, comme une arche toute mince, presque une brèche entre deux maisons. Peut-être une ruelle, peut-être un cul de sac. Au point ou il en était, il n'avait de toute façon plus trop le choix. Sans attendre que ses poursuivants passent le coin de la rue, il s'élança dans ce mince passage entre deux maisons, priant pour qu'aucun des quatre ne l'aie vu, et se plaqua dos au mur, sa respiration saccadée et irrégulière. Mais il ne pouvait plus retenir plus longtemps la crève qui lui tenait la gorge, et, dans une quinte de toux digne d'une pneumonie au stade finale, il glissa au sol, un bras autours de la taille, l'autre main plaqué contre la bouche, tentant d'étouffer le bruit. Sa petite crise se calma assez rapidement pour se stabiliser sur un crachotement silencieux qui le crispait à tout instant. Il entendait les voix de ses poursuivants qui s'étaient arrêtés soudain, le cherchant. Merde, il avait espéré qu'ils continueraient à courir. là ils finiraient par le trouver...

Le rouquin se tourna vers la ruelle dans laquelle il s'était engouffré, espérant qu'il pourrait prendre la poudre d'escampette par là, mais la frayeur qu'il se fit le fit reculer au sol, glissant du mur et se retrouvant pratiquement plat par terre s'il ne s'était pas retenu avec les mains juste à temps. Devant lui, à quelques pas, se tenait un homme qui devait avoir assisté à son arrivée en catastrophe, probablement trop surpris pour réagir immédiatement. Sauf que un espèce de va-nu-pieds mal soigné qui s'enfuit d'un groupe de personnes définitivement mieux fringués et plus soignés que lui, ça laissait peu de place pour des réflexions profondes.
Il était coincé comme un rat entre un parfait inconnu qui lui bloquait la ruelle et...
Peut-être, peut-être, s'il se relevait assez vite-

-LÀ! On le tient!

Dans l'entrée de la ruelle, à un bon mètre de lui, foutant sa carrure d'efflanquée dans la lumière qui filtrait encore entre les deux maisons, l'un de ses poursuivants venait juste d'apparaître, son ombre tombant sur le visage de l'homme au sol, toussant toujours légèrement. Un peu plus loin derrière lui, le bruit de course des autres arrivant résonnait tandis que sur le visage du premier, bien essoufflé, se dessinait un rictus mi-moqueur mi-énervé, son regard rivé sur son gibier.

-Tu nous auras fait courir, toi...
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Sacrys Adler
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Dim 10 Avr - 15:45

A quoi bon prendre un cheval pour voyager quand on peut courir aussi vite qu'un guépard ? Tel était l'avis de Sacrys Adler, jeune homme ambitieux accompagné de ses trois fidèles Felynes, juste avant qu'il ne quitte Jeyna pour rejoindre Sainteville à pied. Cependant, au fur et à mesure qu'il s'éloignait de la capitale et descendait vers le sud, son avis commençait peu à peu à être remis en question. Était-ce une si bonne idée de venir sans monture ? Il avait beau être plus rapide que ladite monture, il n'était pas plus endurant pour autant. Et ce manque cruel d'endurance se caractérisa par des arrêts très fréquents tout au long de la traversée des Plaines de Kalei.

Après presque une journée entière de course à pied pour rejoindre la ville religieuse, le jeune homme au chapeau chinois traversa l'entrée principale de la cité avec un air triomphateur que les gardes eurent bien du mal à comprendre. Éprouvé à la suite de son voyage, il se dirigea tel un zombie à travers la ville vers l’auberge la plus proche, la Poigne Ambrée, où il demanda un lit en se disant qu’il réglerait le payement le lendemain, à son réveil. La nuit se passa tranquillement et l’épéiste ne fut pas dérangé dans son sommeil jusqu’au lever du jour. Lorsque les premiers rayons du soleil entrèrent par la fenêtre pour illuminer le plancher de bois, un grand bruit vint réveiller Sacrys, le faisant sursauter. Ce bruit était en fait celui d’une armoire qui avait été vraisemblablement renversée par un trio de petits chats rendus presque fous par l’odeur de quelques felvines dans la chambre d’un des clients. Après s’être excusé du comportement de ses Felynes, avoir payé sa chambre et les répartitions, puis avoir failli se faire expulser de l’auberge par un bon coup de pied, le chasseur de monstre pu commencer à flâner dans les rues sans but bien particulier.

Se disant qu’il pourrait peut-être se rendre au marché pour y prendre un rapide petit déjeuner, le jeune homme, suivi de ses compagnons félins, traversa quelques ruelles étroites à la suite, considérant qu’il devait s’agir de raccourcis. Au bout d’un moment, il cru voir dans la pénombre une frêle silhouette, le dos appuyé contre un mur, glisser au sol, comme pris d’une crise d’asthme ou d’un malaise quelconque. Il s’avança donc vers ladite silhouette qui se précisait au fur et à mesure, à la sortie de la ruelle, jusqu’à découvrir un homme qui devait plus ou moins avoir le même âge que lui, les cheveux roux, retenir des toussotements et tenter de calmer sa crise en faisant le moins de bruit possible. Sa respiration saccadée indiquait qu’il avait du courir à en perdre haleine pendant un long moment, malgré son apparent problème de santé. Lorsque le misérable se retourna pour apercevoir l’être au chapeau, il faillit s’étaler au sol, totalement désorienté et apeuré. S’agissait-il d’un voleur en fraude poursuivi par la milice ?

Individu louche : LÀ ! On le tient !

La voix d’un individu éclata derrière le rouquin, confirmant que ce dernier était poursuivi pour une raison ou une autre. Peu de temps après, deux autres individus se pointèrent à leur tour, essoufflés, mais visiblement prêts à massacrer l’homme à l’air maladif. Ne sachant pas vraiment s’il s’agissait d’une agression justifiée ou non, Sacrys décida de se renseigner, voir d’agir un peu, pour ne pas à se rependre par la suite de ne pas avoir sauvé un innocent, riche ou pauvre fut-il.

Individu louche : Tu nous auras fait courir, toi...
Sacrys : Dites, pour quelle bonne raison avez-vous une dent contre lui ?
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Ilya Melnik
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Dim 10 Avr - 22:32

Toujours au sol, le souffle rauque, une main sur les poumons, Ilya tentait désespérément de reprendre son souffle. Il s'était déplacé légèrement pour être à nouveau dos au mur, son regard allant de son poursuivant à l'inconnu et de retour, pratiquement persuadé maintenant qu'il n'allait pas voir le soleil se coucher ce soir. Détaillant rapidement l'homme qui lui bloquait sa dernière issue, il remarqua que celui ci devait avoir son âge si pas plus jeune encore, et ne devait pas passer inaperçu avec son grand chapeau de paille et les babioles qui tintaient joyeusement à ses vêtements, eux même assez remarquable. Par rapport à lui, son poursuivant faisait bien piteux effet, malgré ses épaules carrées et son accoutrement qui devait clairement valoir son prix. Mais le plus inquiétant avec le nouvel arrivant, c'était la longue épée qu'il portait dans le dos, reflétant l'éclat du soleil, bien aiguisée et prête à servir. C'est pas une petite toux qui allait arrêter un truc pareil, surtout que le gosse était présentement parfaitement incapable de se servir de sa pierre qui lui en faisait voir des vertes et des pas mûres.

-Dites, pour quelle bonne raison avez-vous une dent contre lui?

Ooh, qui l'eut cru, quelqu'un qui réfléchit avant de taper! Ça devient rare de nos jours. Visiblement, le gars voulait au moins une raison d'embrocher le rouquin, comme c'est attentionné. Bon, sauf que les trois lascars allaient sûrement lui en donner une. Mais ça donnait toujours un peu de temps pour tenter de se redresser. Et piquer un deuxième sprint. On peut toujours rêver. S'appuyant sur sa droite, il tenta de se relever en s'aidant du mur, ignorant avec obstination le vertige qui s'en suivait. Sauf que, bien évidement, l'autre brute voyait pas ça du même œil, et avant que le gosse n'ait eu même une chance d'ouvrir le bec, il fut renvoyé sec au sol d'un coup pieds qui déroba ses jambes de sous son poids, se griffant par la même occasion le dos sur le mur, ce qui lui arracha un cri de douleur rauque. Et pendant que le gosse se remettait à tousser, relancé par le choc et la douleur perçante dans son dos, son poursuivant répondit au jeunot, clairement pas très content d'être dérangé juste quand il allait pouvoir s'offrir le malin plaisir de découper quelqu'un en rondelles.

-Tu restes sagement là, toi, j'ai pas fini. Et l'autre tête de paysan, c'est pas ton problème, va faire joujou ailleurs, on a des comptes de grand à régler.

En prononçant ces mots, il sortit la lame qui pendait depuis le début à sa ceinture, ses deux acolytes qui derrière lui bloquaient le reste de la sortie en faisant de même, et un grand sourire qui ne présageait rien de bon se dessina sur son visage. S'agenouillant, il rapprocha l'arme du visage criblé de taches du gamin qui eut un geste de recul entre deux toux rauques, clairement à court d'idées pour se sortir de la situation impossible dans laquelle il s'était encore fourrée.

-On va faire en sorte de pas aller trop vite, hein, e-

Mais il ne put pas terminer cette phrase.
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Sacrys Adler
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Sam 23 Avr - 15:25

Individu louche : Tu restes sagement là, toi, j'ai pas fini. Et l'autre tête de paysan, c'est pas ton problème, va faire joujou ailleurs, on a des comptes de grand à régler.

L’un des yeux grand ouvert, l’autre à peine plissé, Sacrys scruta le visage du premier agresseur qui venait tout juste d’étaler le rouquin au sol d’un rapide coup de pied. Pour ainsi maltraiter une personne devant ce qui ressemblait plus ou moins à un mercenaire très bien équipé, une dangereuse lame accrochée à son dos, et répondre à ce dernier d’une manière aussi insultante, il fallait bien être tout aussi audacieux qu’idiot. D’ailleurs, ledit agresseur venait de dégainer une grosse dague, menaçant de couper le jeune homme à l’air maladif en petits cubes tout justes bon à ajouter à un bouillon, tandis que ses deux acolytes bloquaient la sortie.

Individu louche (accroupi aux côtés du roux) : On va faire en sorte de pas aller trop vite, hein, e-

Un jus d’un rouge écarlate aspergea l’un des murs qui délimitait la ruelle, empêchant le bandit de terminer sa phrase. Partant de la direction de l’épéiste jusqu’à la tête du malfrat en action, une lame en acier tâchée de sang à partir de ses deux tiers était apparue de nulle part, arrêtant instantanément le monologue ainsi que l’arme du pauvre malheureux à la tête désormais fendue en deux. Tenant fermement la manche de son katana des deux mains, le chasseur de monstre dégagea son sabre du crâne du mort et la leva vers le ciel dans un mouvement aussi ample qu’élégant. Le chef du trio tanga vers le mur souillé, glissa lentement sur la surface légèrement rugueuse, puis s’effondra enfin sur le sol dans une petite mare de sang encore chaud. Dans un mouvement éclair mettant bien en évidence sa maîtrise de son arme de prédilection, Sacrys avait sorti cette dernière de son fourreau et l’avait directement dirigé vers la tête de celui qui s’était permis de le traiter de paysan, sans même lui laisser un temps de réaction. Figés telles des statues de marbre, les deux autres agresseurs regardaient tantôt le cadavre sanglant, tantôt l’épéiste, tantôt la sortie de la ruelle. Ne leur accordant pas la moindre seconde de réflexion, l’homme au chapeau ramena un peu la manche de son arme vers son thorax et leur adressa quelques mots sur ton qui pouvait bien s’avérer effrayant dans un tel lieu, en de pareilles circonstances.

Sacrys : Alors, on se décide à répondre comme il se doit, ou bien faut-il un second exemple pour convaincre celui d’entre vous deux qui restera ? Inutile de vous enfuir, je rattrape largement un Elecanis à la course, et je tranche aussi bien les têtes que la guillotine du plus célèbre bourreau de Jeyna.
Siegfried : Ah ça, miaou, je vous garanti qu’il ne niaise pas.
Baal (à Numb) : Je le verrais bien en bourreau notre maître, il se ferait rapidement une renommée.
Numb (à Baal) : En général, plus un bourreau est connu, plus il est détesté. T’étais-tu pas au courant qu’on marginalisait les bourreaux, miaou ?
Baal (à Numb) : Ah bon ? J’étais pas au courant, mais maintenant que tu le dis, c’est vrai que c’est évident…

Au grand soulagement du rouquin, ce fier adepte du katana était de son côté pour l’instant, et venait de lui sauver la vie d’une façon plutôt radicale. Peut-être bien que les amis de la chose rouge gisant sur le sol allaient riposter pour venger leur défunt compagnon… Ou peut-être allaient-ils fuir en espérant que le mercenaire ne faisait que vanter de faux exploits. Dans tous les cas, ils finiraient décapités d’une façon ou d’une autre, tout bonnement, tout simplement.
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Ilya Melnik
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Lun 25 Avr - 16:07

Ilya eut à peine le temps de voir l'étranger dégainer sa lame que son agresseur s'effondrait au sol, le sang giclant de son crâne coupé net, recolorant les murs, le sol, et, accessoirement, le pantalon usé du rouquin ainsi que les vêtements étranges de l'épéiste en écarlate. Le gosse resta quelques secondes figé, complètement bloqué, avant de se reculer avec précipitation pour ne pas avoir ses pieds nus dans la flaque de sang qui se formait devant lui, son regard sautant de son poursuivant à son sauveur impromptu, pas encore complètement décidé s'il devait être soulagé d'être en vie ou mort de trouille devant la vitesse de cette attaque et le cadavre dégoulinant à quelques pieds de lui. Ceci étant dit, les mots du type au chapeau, adressés aux deux autres nerveux médusés, le faisaient plutôt pencher pour la deuxième option. Mais avant que qui que ce soit ne puisse réagir, en bien ou en mal, trois petites voix bêta derrière lui le firent sursauter, et ce fut seulement là qu'il remarqua les trois félins qui débattaient tranquillement de la condition de leur maître, bourreau ou pas, marginal ou pas, quelque chose du genre, juste ce qu'il fallait pour bien faire flipper les gens extérieurs à cette conversation qui arrivait un peu comme un cheveux ironique sur une soupe froide dans la situation présente.
Merci pour la précision, les carpettes à moustache.

De leur côté, la courte discussion semblait avoir ramené les deux poursuivants à la réalité, leur rappelant leur but premier. Lyncher le gosse, là. Rassemblant leur pensées et, visiblement, leur courage ou leur folie, ils dégainèrent à leur tour leurs armes, l'une une dague du même genre que le cadavre avait possédé, l'autre une épée fine, du genre léger mais solide et assez bourrin.

-Ça, tu va payer pour!

Au moins c'est des sbires qui ont encore un minimum d'initiative sans leur chef, c'est déjà quelque chose de bon à remarquer, non?
Le plus petit des deux, celui à la longue dague, avait les mains qui commençaient à se couvrir d'écailles, la carapace bizarrement gluante s'étendant doucement sur ses bras et ses coudes, remontant apparemment des membres pour constituer une armure sur son corps. L'autre ne semblait pas avoir de pouvoir à première vue, donc soit c'était quelque chose de pas pratique et pas approprié à la situation, soit ce n'était pas visible en premier lieu, quoi qu'il en soit, aucun des deux n'était prêt à s'excuser et faire demi tour à toute vitesse, peut-être trop fiers, peut être trop bornés pour réfléchir à la situation et peser logiquement le pour et le contre.
Ça allait clairement leur retomber sur le coin du nez dans les secondes qui suivent, mais ne comptez pas sur qui que ce soit pour aller leur expliquer ça.

Un peu plus bas et un peu plus en arrière, Ilya quand à lui réflechissait à toute vitesse, quelque part entre la réflexion logique posée et la panique complète. Il ne comprenait pas grand chose à la sitation. Imaginez: une seconde vous êtes coincé par trois types dont le seul but et de vous faire la peau de la manière la plus brutale qui puisse venir à leur imagination, l'instant d'après un mec que vous n'avez jamais vu avec un chapeau qui lui sert d'ombrelle et trois bestioles bizarres en pleine conversation fend le crâne de votre poursuivant comme une citrouille un peu trop mure, sans plus d'explications que ça.
La seule chose rationnelle à faire dans ce cas, c'est paniquer.
Sauf que ça ne ferait qu'empirer l'état de santé du gosse. Et donc, envers et contre tout, il décida de tenter tant bien que mal de reprendre le contrôle sur sa pierre lunatique, le souffle rauque et haché, irrégulier, les yeux rivés sur le brun au katana. Bon, ça fonctionnait moyennement bien, mais au moins il ne toussait plus à en recracher ses poumons. Dans le pire des cas, il pouvait toujours se lever et filer à toute berzenk, même s'il avait comme l'impression que cette option n'était pas tout à fait la bonne.
Vous me direz, il y en a pas beaucoup d'autres qui soient plus censées.
Déjà, ne pas mourir, ça semblait un bon plan.
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Sacrys Adler
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Lun 2 Mai - 13:12

Individu à la dague : Ça, tu va payer pour !

Sacrys (portant sa main à son front) : Ah là là... Et dire que j'étais prêt négocier leur salut...

En face de l'homme chapeauté, les deux malfrats restant avaient dégainé leurs armes : Une dague pour l'un, une épée courte pour l'autre. Le courage s'allie exceptionnellement bien aux pulsions suicidaires, vraisemblablement. Étrangement, celui du groupe qui venait de menacer le mercenaire un peu plus tôt commençait à voir son corps de recouvrir d'une armure écailleuse, poisseuse et gluante. Derrière leur maître, les trois Felynes éclatèrent subitement de rire, fortement amusés par le nain qui venait de prendre une apparence assez proche de celle du poisson qu'on laisse pourrir sous les rayons du soleil et dont personne ne veut. Telle une punition subite et à laquelle personne ne s'attendait, une espèce de corde blanche vint agripper l'un d'entre-eux, armé d'un bâton, et l'envoya dans les airs.

Individu à la dague : Sale boule de poils, je vais t'apprendre à me respecter.

Baal (emmené dans le ciel par un grappin visqueux) : Miaouuuu !

Sacrys : Hé !

D'un rapide mouvement, l'homme au katana porta sa main à la manche de son sabre, entama un mouvement de dégaine, et alors qu'il s'apprêtait à foncer de manière foudroyante vers son adversaire qui avait osé s'en prendre à l'un de ses Felynes, un puissant jet de mucus vint le frapper au tronc et l'emmena à l'autre bout de la ruelle. Impuissant face à cette attaque aussi efficace qu'inattendue, le chasseur de monstre fut envoyé en plein contre un mur, se cognant brutalement le dos contre la dure surface verticale délimitant la largeur de chaque ruelle. Parallèlement, l'homme-poisson avait réussi à scotcher le petit félin en haut d'un autre mur, toujours grâce à cette même substance collante et gluante dont il avait usé un peu plus tôt. Ainsi donc, il était capable de cracher du mucus et d'utiliser cette projection à la manière d'un lasso, voir d'un grappin, afin de charrier et d'envoyer l'ennemi valser dans tous les sens.

Individu à l'épée (à part, à propos de Sacrys) : S'en est fini pour lui...

Individu à la dague : Fais tes prières !

D’un brusque mouvement de son bras non-directeur, le plus petit des agresseurs fit revenir sa proie dans sa direction en attirant son grappin de mucosité. L’arme dressée droit devant lui, il était bien simple de comprendre qu’il allait embrocher net son adversaire sur son couteau de table à manger. Appuyant une main sur le dessus de son chapeau, levant l’autre dans les airs pour garder son équilibre, Sacrys commença peu à peu à courir au rythme du lasso visqueux grâce aux pouvoirs que lui offrait sa pierre. Mieux encore, il avait profité de la vitesse et de la force d’attraction de la chose répugnante qui le tirait pour commencer à courir sur le mur. Alors qu’il se rapprochait de son adversaire à une vitesse fulgurante, ce dernier sembla saisir qu’il venait de commettre une lourde erreur. Sa technique consistant à accrocher l’ennemi avec un jet de mucus et de le faire revenir dans sa direction pour l’embrocher ne marchait que si la cible n’était pas capable de concurrencer la vitesse de mouvement de ce lasso blanchâtre, de sorte à ce qu’elle ne soit pas en mesure de maîtriser ses mouvements. Or, la cible en question était justement bien plus rapide que ce pseudo-grappin, et elle semblait même profiter de l’attraction pour prendre une excellente position…

Individu à la dague (dans un hurlement de rage, tentant de camoufler se terreur subite) : Crève !

Sacrys : Et toi donc !

Dans une ultime tentative de réparer son erreur, l’homme à la dague agita sa main gauche, espérant envoyer son adversaire contre le mur opposé de la ruelle. Au même moment, Sacrys décidait de dégainer son katana et d’effectuer une frappe éclair. Durant une courte période, beaucoup de chose allaient se passer, presque immédiatement successives, pour ne pas dire simultanées. Tout d’abord, le mercenaire au sabre cessa de courir sur « son mur », arraché de cette plateforme par le lasso de l’un des malfrats, et resta une fraction de secondes suspendu dans les airs. Durant cette fraction de seconde, ce même mercenaire finissait de dégainer son arme et frappait du tranchant de cette dernière la gorge de son opposant. Aussitôt, un torrent de liquide rougeâtre jaillit tout autour de la cible de cette attaque létale, dont les projections de mucus se volatilisèrent magiquement. Baal, le Felyne tantôt collé au haut d’un mur, chuta vers le sol et fut recueilli par ses deux autres amis Felynes. Suite logique à son vol forcé n’ayant duré qu’une fraction de secondes, Sacrys vint se cogner le flanc contre le mur qui lui était prédestiné. Enfin, jouant la dernière carte du groupe, l’individu restant du trio d’agresseurs planta son épée dans le mur dont il était question et fit apparaître deux lianes aux côtés de celui qui s’était risqué à sauver le rouquin pour le ligoter solidement, le privant de toutes actions. Tant d’évènements épiques en si peu de temps !

Sacrys : Aaargh…

Siegfried : Maître !

Siegfried empoigna son épée lourde qui devait bien peser un peu plus que son propre poids, dans le but de se lancer sur le vilain qui venait d’immobiliser le chasseur de monstres. Seulement, une multitude de petites ronces surgirent du sol tout autour des trois félins, se réunissant en leur sommet et formant de la sorte une petite prison que même les coups d’épées du plus âgé des trois chats ne parvinrent pas à découper. A voir les deux sortilèges lancés par le survivant du groupe de bandits, il était capable de faire pousser de la végétation à sa guise, et aussi de la contrôler par la suite. Néanmoins, garder le contrôle de toutes les lianes et ronces qu’il venait de créer devait surement lui demander bien de la concentration. Peut-être que le rouquin allait avoir la formidable idée de ramasser la dague souillée par le sang de son propriétaire et de profiter de la planter dans la nuque de l’homme aux pouvoirs de druide, histoire de rendre la pareille à son sauveur qui étouffait visiblement sous la contrainte qu’exerçaient les lianes sur son poitrail… Ou peut-être allait-il s’enfuir comme le rat s’enfuit dans la pénombre, à travers quelques rues malfamées, à l’approche d’un humain.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Mar 3 Mai - 0:25

La suite des événements, Ilya n'aurait pu vous la décrire en détails. Ils s'enchaînaient à une vitesse fulgurante, l'éclat d'une lame, le mouvement d'un bras, un hurlement de peur, encore un cadavre. À toute vitesse, le premier malfrat avait envoyé valser l'un des félins puis son maître, l'éclatant contre le mur du fond pour le ramener à lui tout aussi rapidement, tentant de l'embrocher. Sauf que l'inconnu au chapeau ne l'entendait pas de cette oreille, et Dieu sait comment, réussit à ne pas se faire embrocher et saigna son agresseur comme le porcs qu'il était, faisant encore gicler plus de sang qu'il n'en avait déjà été versé, la ruelle se transformant doucement mais sûrement en petit carnage discret. On dirait la scène d'un règlement de comptes, sauf que celui qui devait finir en morceaux était indemne, ce qu'on ne pouvait pas dire de ses agresseurs. Sauf que, c'était bien connu, il n'étais pas très prudent de s'attaquer à des gens dont on ignorait tout des pouvoirs. C'est comme ça que le mercenaire, après avoir terminé sa course dans un mur de façon assez peu glorieuse se retrouva entravé par des lianes comme sorties de nul part, saucissonné et immobilisé. Un sort semblable frappa les trois boules de poils qui le défendaient, enfermées dans une jolie petite cage à oiseaux en ronces solides comme de l'acier trempé. Et merde.

Le rouquin hésita. Pendant un court instant, il hésita vraiment, tenté de profiter du fait que son agresseur était coincé sur place pour un moment, de prendre ses jambes à son cou, de courir comme il courait déjà avant maintenant que sa pierre semblait avoir, pour un moment au moins, arrêté de le faire souffrir. Son adversaire était occupé avec l'autre, il avait du momentum, et il courait vite. Il avait de bonnes chances de s'en sortir.
Encore indécis, il rapprocha discrètement son pieds de la dague qui gisait pas loin de lui, attrapa la lame entre ses orteils et la ramena à lui avant de se redresser, s'aidant du mur et serrant les dents en ignorant avec détermination les vertiges qui s'en suivaient. Forcément, un grand efflanqué criblé de taches de rousseur qui se redresse devant vous alors que vous étiez en train de vous amuser à faire du filet mignon, ça ne passe pas vraiment inaperçu. Bon, c'est pas non plus comme si ça lui faisait terriblement peur, un type dans cet état. Un rictus moqueur se dessina sur le visage de l'homme aux plantes dont une main était immobile, dirigée vers le sol et crispée, l'autre posée sur la poignée de son épée, en attente.

-"C'est pas un crevard qui va me faire peur, bouseux. Fais tes prières."

Sur ces mots, une veine apparut sur son front, il se mordait la lèvre, l'action qu'il tentait de réaliser lui demandant, semblerait il, beaucoup d'effort et de concentration. Des plantes commencèrent à sortir du sol autours de lui comme d'épais serpents, suintant entre les dalles et rampant vers les chevilles d'Ilya qui tenait maintenant l'arme de ses deux mains, assez près de son corps. Bon. Si c'était comme ça, il n'avait pas tellement trop de choix.
Ses yeux croisèrent quelques secondes ceux de l'inconnu qui lui était venu en aide et en payait le prix maintenant, et le rouquin lui adressa le regard le plus désolé qu'il pouvait faire, s'excusant silencieusement pour ce qu'il allait faire. Après tout, il savait d'expérience que c'était tout sauf agréable. Et il recula d'un pas pour s'écarter des lierres qui commençaient déjà à entourer sa jambe.

-"T'essaye encore de courir? Tu veux vraiment abandonner ton pote, là?"

Comme pour appuyer ses mots, il referma le poing, serrant avec une lenteur voulue les liens de plante qui retenaient le brun. Ilya ferma les yeux, ses mains se crispèrent sur sur la poignée de son arme de fortune et il expira une dernière fois, sentant enfin le pouvoir de sa pierre prêt à coopérer. Ses yeux gris s'ouvrirent d'un seul coup, la pupille rétrécissant jusqu'à n'être plus qu'un point noir minuscule, et il lâcha l'énergie emmagasinée sur son entourage. L'effet ne se fit pas attendre, son poursuivant étant secoué d'un spasme bref, pris par surprise, avant de se mettre à tousser de façon incontrôlée, une toux malsaine, rauque et bronchitique, griffant sa gorge et ses poumons, brûlant de l'intérieur et contractant tout les muscles du torse sans que l'on ne puisse les contenir. Le hic, c'est que tout les autres présents s'en prenaient plein la gueule aussi, pas plus épargnés que l'homme par le virus soudain. L'avantage, c'était que ce dernier perdait très rapidement le contrôle sur ses plantes qui se déserrèrent et commencèrent à faner rapidement, mourant dès que leur maître ne les contrôlait plus.
Et puis Ilya lâcha tout, inspirant à nouveau de l'air, et avant que son adversaire ne se remette de ce qui venait de lui arriver, encore plié en deux et le souffle coupé, le rouquin agrippa les côtés de sa tête et la lui éclata contre son genoux de toutes ses forces qui, malgré les apparences, n'étaient quand même pas si moindre que ça, lui explosant le nez et le sonnant assez pour qu'il ne puisse plus se défendre. Il leva la dague, mais son geste s'interrompit alors qu'il entendait les plantes tomber et les trois félins s'échapper de leur cage, visiblement assez vite remis de leurs toux fulgurantes. Deux morts, c'était pas assez? Mais quand l'homme esquissa un mouvement vers son épée, toujours dans le mur, il n'eut plus vraiment d'autre choix, et la lame trancha net au travers de sa gorge, et il s'écroula dans un râle, laissant les mains du roux couvertes de sang.

Ce dernier se repris, lâcha l'arme qui tomba au sol avec un tintement métallique, et s'agenouilla devant l'inconnu qui avait quand même sauvé sa peau et qui avait été laissé tomber au sol assez disgracieusement par les lianes maintenant mortes, peut-être encore en train de tousser quand ces dernières l'avaient libéré, dans l'intention de l'aider à se débarrasser de ses derniers liens et s'excuser.

-"Je- Je suis désolé, je ne contrôle pas bien, je... "

Sauf que, clairement, l'utilisation d'une pierre aussi indisciplinée que celle qu'il avait le malheur de posséder avait des effets secondaires, et le gosse ne put terminer sa phrase, plaquant sa main gauche sur son visage en retombant sur son derrière et se repliant sur soi même, son estomac décidant soudainement de faire quelques bonds aléatoires. Oh non, s'il vous plaît, un peu de grâce, une pause, donnez moi une pause, je veux respirer aussi. Pas là, pas maintenant, j'essayait de m'excuser pour une quinte de toux des plus désagréables à quelqu'un qui ne la méritait pas.
Et il fut gracié, ça se calma. Il avait viré au blanc, de la sueur froide perlait sur son front qu'il essuya d'un revers de manche distrait, il respirait encore trop vite pour ce qui devait être normal, mais pour le moment, on dirait qu'il avait la paix.
Bien.
Peut-être arriverait il à placer une phrase cohérente un de ces quatre.
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Sacrys Adler
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Ven 3 Juin - 15:27

Sacrys (Toussotant à en cracher ses poumons.) : Kof kof kof !

À quatre pattes, son large chapeau lui couvrant la nuque, le nez frôlant le sol, Sacrys avait subitement ressenti l'équivalent d'une violente crise d’asthme au même moment où les épaisses lianes relâchaient leur étreinte et le laisser tomber contre le sol. La première explication qui fusa dans l'esprit du mercenaire fut que ses nuits à la belle étoile et ses courses sans fin dans la Plaine de Kaleï lui avait fait attraper la tuberculose, maladie mortelle dont les premiers symptômes devaient être plus ou moins identiques à ce dont il souffrait dans l'immédiat. Cependant, dès qu'il eut relevé légèrement la tête et tendu l'oreille, il s'aperçut qu'il n'était pas le seul à avoir de la chaire de piment dans la gorge et les poumons. Tous, à l’exception du rouquin, avaient eux aussi ressentis cette douloureuse lacération au niveau du système respiratoire, et se justifiaient en toussant comme ils n’avaient jamais toussé.

Alors que l’adepte du kenjutsu se remettait peu à peu de la fulgurante crise pulmonaire qui était tombée sur la grande majorité des personnes présentes dans la ruelle, la seule personne non affectée par cette subite épidémie entreprit de trancher le cou de l’unique adversaire restant. À son tour, le troisième membre du trio démantelé s’effondra au sol dans une marre de sang, rejoignant le monde des morts déjà bien peuplé. Décidément, le bonhomme mal habillé et parsemé de tâches de rousseur n’était pas si incompétent qu’il n’en avait l’air. L’épéiste, pouvant de nouveau respirer sans sentir ses poumons se faire cribler de coups de poignards, se releva et jaugea celui qui venait de le sortir d’un pareil pétrin d’une façon… Assez tordue, étant donné qu’il avait du faire autant souffrir ceux qu’il venait de sauver que celui qu’il avait éliminé.

Rouquin : Je- Je suis désolé, je ne contrôle pas bien, je...

Avant même qu’il n’eut fini sa phrase, il senti à son tour les effets d’une vilaine maladie, qui le força à appliquer sa main contre sa bouche et à se recroqueviller sur lui-même. Bien que ce brusque désagrément ne dura pas longtemps, il fallait avouer que se faire ainsi interrompre à l’instant même où on tentait de s’excuser devait être assez frustrant, voir même gênant. Au même moment, Sacrys enlevait son chapeau orné d’une unique plume pour ensuite adresser un sourire au petit maladif, sourire qui aurait facilement pu être interprété comme un « Bien joué ! ». Derrière lui, les trois Felynes qui ne semblaient guère avoir apprécié leur emprisonnement temporaire se léchaient le pelage et étiraient leurs pattes avant en faisant bien sortir leurs griffes rétractiles, gravant quelques lignes d’à peine deux ou trois millimètres dans le pavé humide de la ruelle. Un infime gargouillement se fit entendre, arrivant à rejoindre l’oreille des êtres présents sans être devancé par un autre bruit parasite.

Sacrys : Je crois que c’est mon estomac… Il faut l’avouer, les petites batailles entre possesseurs de pierres de pouvoir, ça creuse l’estomac. Mais dis donc… Tu es toujours aussi mince qu’un brin de jonc, ou… ? Bon, comme j’ai vraiment faim et que tu dois surement être dans le même cas que moi, je nous paye un déjeuner. Je te le dois bien, tu aurais très bien pu t’enfuir et me laisser suffoquer entre ces deux gros tentacules végétaux. (À part.) Enfin… C’est plutôt à lui de me remercier, je lui ai quand même sauvé la vie d’abord, et j’ai éliminé deux bonhommes sur trois. (À voix haute.) C’est d’accord ? De toute façon, je ne te laisse pas le choix. Tu viens ou je te tranche aussi en deux… (Il marqua une pause, laissant tout juste le temps à son interlocuteur le temps de comprendre ses propos.) C’était pour rire… Tu l’avais compris, non ?

L’épéiste remit son chapeau sur sa tête, sortit un morceau de chiffon propre et se mit à astiquer la lame de son katana pour faire disparaître toute souillure de sa surface brillante en attendant la réponse de l’autre seul humain encore en vie dans la ruelle. Non loin de la place où il s’était accroupi pour s’occuper de l’entretien de son arme de prédilection, une petite coulée de sang serpentait entre le pavé légèrement bâclé par ceux qui avaient entreprit de l’appliquer sur le sol et les quelques flaques d’eau croupie. Prochaine destination : Le Marché.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Sam 18 Juin - 19:29

Le rouquin reprenait doucement son souffle et retrouvait son sens de l'équilibre, le vertige qui l'avait pris plus tôt se calmant petit à petit, en même temps que les sauts périlleux de son estomac. Il attendit encore quelques secondes, passant sa main sur son visage tacheté qui regagnait doucement de la couleur, inspirant et expirant doucement, l'odeur métallique du sang lui sautant au visage. Ah oui. Ils venaient de faire un petit carnage ici, les murs et le sol repeints en écarlate, le liquide épais suintant entre les dalles et dans les fissures du sol. Charmant.
S'asseyant à nouveau droit, le gosse eut la surprise d'être salué par un grand sourire comme il n'y avait pas droit souvent, l'homme qui lui avait sauvé la vie ayant enlevé son curieux chapeau de paille, semblant reconnaissant malgré la crise d'asthme forcée qu'il avait du subir. Un peu désarçonné, son vis à vis lui rendit la pareille, souriant tout de même, se sentant un peu abruti mais quand même sacrement heureux d'être encore en vie. Curieux quand même comment on pouvait s'accrocher à sa vie, même quand on avait vraiment du mal à en trouver l'intérêt.

Un gargouillement discret parvint à ses oreilles, et il dévisagea le brun avec un certain amusement quand celui ci lui avoua qu'il s'agissait de son ventre. Ce dernier l'invita d'ailleurs sans grands détours à aller manger un morceau, ce qui eut pour effet de faire réaliser à Ilya à quel point il était lui même affamé. Il n'avait rien mangé de consistant depuis un bon moment, c'est vrai. N'empêche que l'inconnu avait une façon assez... singulière de formuler ses invitations. Ça devait l'amuser de terroriser des pauvres petits rouquins ayant juste échappé à la mort.
Pendant quelques instants, on put lire le doute dans les traits du gamin, pendant que l'étranger s'occupait tranquillement à astiquer sa lame pour qu'elle brille à nouveau de tout son éclat. Bon, visiblement, le rouquin n'était pas le seul auquel il manquait quelques cases ici. Enfin, entre demeurés, on doit pouvoir trouver un compromis.

-"... Formulé comme ça, j'aurais du mal à refuser. 'Pis j'ai vraiment faim, aussi."

Sa voix était un peu rauque mais profonde et agréable, calme malgré l'agitation dans laquelle il se trouvait, vaguement désorienté et perdu. Il se regarda un moment, constatant que son vieux t-shirt délavé était maintenant tacheté de sang. Il en avait sur les bras et les pieds aussi, et probablement dans le visage. Il allait devoir se rincer un peu avant de se matérialiser sur la place du marché s'il ne voulait pas attirer inutilement l'attention des foules. Heureusement la ville riche était assez fournie en fontaines pour qu'ils aient une chance de régler ce petit souci d'esthétique sans trop de problèmes.
S'appuyant sur ses mains, le rouquin se leva, heureux de constater qu'il avait clairement la paix, rien ne tournait, sa pierre s'était calmée pour le moment. Il dépassait le brun d'un peu moins d'une demi-tête, non pas parce que ce dernier était petit, mais parce qu'Ilya était et restait très grand. Surtout quand il prenait le mal de se tenir droit, ce qui n'était pas toujours le cas.

-"Moi c'est- c'est Ilya. Euhm, merci d'avoir sauvé ma peau."

Il venait de réaliser qu'il n'avait encore aucune idée de l'identité de l'homme qui lui était venu en aide. Bon, c'est pas comme si un prénom aidait à beaucoup, après tout ça n'avait aucune signification, un prénom. Et son nom de famille, il s'en souvenait à peine tant il s'en servait peu. Mais en y réfléchissant un peu, il n'avait pas vraiment plus à dire sur soi même pour se présenter.
Enfonçant distraitement ses mains dans ses poches, il se dirigea vers l'autre extrémité de la ruelle, suivant le curieux personnage qu'il venait de rencontrer. Autours de lui, les trois félins s'activaient, ayant fini leur toilette rapide et trottant à la suite de leur maître, l'observant par moment lui avec une curiosité non camouflée. Des felyne, hein... On n'en voyait pas souvent ici, et jamais trois d'un coup. Vraiment, cet homme était intriguant.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Jeu 4 Aoû - 21:28

Rouquin : ... Formulé comme ça, j'aurais du mal à refuser. 'Pis j'ai vraiment faim, aussi.
Sacrys : Parfait, allons donc faire un tour au marché... Et voir si tu peux aussi te rincer au passage.

L'épéiste gaina sa lame et regarda tour à tour ses trois Felynes. Décidément il allait devoir les entraîner un peu, histoire qu'ils deviennent plus efficaces en situation de combat. Face au dernier des trois malfrats, ils s'étaient facilement fait prisonniers de la cage végétale sans réussir à s'en évader. Au prochain entraînement, il leur ferait toute une leçon sur l'esquive et l'intérêt de ne jamais être tous regroupés au même endroit.

Après être sorti de la ruelle où venait de se dérouler un petit carnage et avoir marché sur une trentaine de mètres, le petit groupe composé d'un épéiste, d'un rouquin et de trois petits Felynes passa devant une fontaine. Son eau clair et limpide étincelait sous les rayons du soleil haut dans le ciel et invitait à la baignade. Aussitôt qu'il fut à côté de la bassine de pierre, Sacrys plongea ses mains dans le liquide qu'elle contenait pour s'asperger le visage et laver une tâche de sang maculant son pantalon. La tâche devenue presque invisible, le mercenaire, un pied sur le bord de la fontaine, tourna de la tête pour voir son nouveau copain maladif et lui faire signe de venir se rincer. Au diable ceux qui se plaindraient de voir l'éclat azuré de l'eau virer légèrement au rouge, ce n'était pas l'eau potable qui manquait dans cette ville sainte.

Sacrys : Dis-moi, bonhomme, qu'est-ce que tu as bien pu faire pour qu'ils t'en veulent, les trois cadavres ? Tu es un voyou de bas étage, c'est ça ?

L'homme chapeauté venait de s'adresser au roux sur un ton jovial et amusé, comme si, d'un côté, il connaissait déjà la réponse et s'en foutait un peu que celui auquel il venait de porter secours soi le fautif dans l'affaire ou non. Avant que son interlocuteur ne puisse répondre, son estomac gargouilla une nouvelle fois, exigeant de recevoir un repas dans les plus brefs délais. En passant sa main sur son ventre, il eut l'impression de faire tomber un objet accroché à sa ceinture. Cependant, en regardant autour de lui, il ne remarqua rien qui puisse lui appartenir par terre. Surement était-ce son estomac qui venait de remuer. Il retira son pied du bord de la fontaine en écoutant la réponse du jeune chétif à ses côtés et s'étira les bras lorsqu'il eut terminé. Bon, maintenant, le marché. Une fois là-bas, il pourrait s'y remplir la panse, ainsi que celle du jeune l'accompagnant. Les felynes n'auraient qu'à se débrouiller pour voler un poisson d'un étalage mal surveillé, comme ils savaient si bien le faire. Et après ça, il verrait si un marchand du coin fournissait des bombes flash, ces petites capsules enchantées qui contenaient des morceaux d'insectes brillants.

Sacrys : C'est bon, on va se goinfrer ?
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Ven 12 Aoû - 0:54

Ils n'eurent pas à marcher longtemps avant de tomber sur une petite place un peu plus dégagée ornée d'une petite fontaine contre un mur de pierre blanche, contrastant pas mal avec les deux personnages plus crasseux qu'autre chose, surtout dans le cas du rouquin qui avait quelques nuits dans la rue derrière lui. Sans lui donner plus de détails sur son étrange personne, l'inconnu s'attaqua au nettoyage de son pantalon sur lequel se trouvait une tache de sang assez peu discrète. Vu la place disponible, le rouquin préféra s'adosser contre la pierre en attendant son tour, observant avec curiosité le jeune homme. Il ne savait vraiment pas où le placer, ce gars, il était trop différent de ce qu'il fréquentait d'habitude, patrons, supérieur hiérarchique et souffre-douleur, raclures du pavement, tout ce qui traîne, où la gentillesse était un bienfait rare et généralement hypocrite. Intéressé.
Mais il n'arrivait pas, dans le cas présent, à trouver un intérêt. Remarquez, on n'avait pas fini, l'après-midi était à peine entamé. Il était toujours temps de comprendre.

Quand l'autre eut fini de se rincer, le grand s'approcha à son tour de l'eau, plongeant sans hésiter ses deux bras dedans et ramenant de l'eau sur son visage pour en laver le plus gros du sang. D'une oreille, il entendit la question du mercenaire, notant le ton vaguement moqueur de celui qui ne te prend pas au sérieux. Il le prenait pour un voyou, donc. Ce qui n'était, somme toute, pas si loin de la vérité, même si, contrairement à d'autres, il essayait encore de gagner son pain honnêtement. Il avait quelques principes, résidus de ses premières années de vie et de son éducation. Il n'en restait pas grand chose, mais assez pour qu'il prenne la peine de s'expliquer à un inconnu qui, au fond, se fichait un peu de ce que pouvait lui raconter son vis à vis.

-"Pas... pas exactement, non."

Stop, réfléchir à ce qu'on va dire, éviter de mentionner ce qu'on a eu comme dernier métier, après tout ce gars offre de te nourrir, alors laisse pas filer ta chance, passe pour à peu près normal. Enfin, fréquentable. Relativement.
Exposer sa situation. Rester bref. Ne pas partir sur une histoire qui n'a rien à faire.

-"Disons mauvais endroit, mauvais moment, plutôt. Une pierre de pouvoir qui n'en fait qu'à sa tête, ça n'améliore pas énormément tes chances de survie. Enfin, on se débrouille... le plus souvent."

Dixit le gars qui vient de se faire sauver sa peau tachetée de justesse, mais personne n'a remarqué ça. S'il devait compter le nombre de fois qu'il avait failli y rester... Il lui faudrait plus de doigts, déjà. Écrire et compter, il se souvenait l'avoir appris, vaguement, mais c'est pas ce qui était resté.
Petit à petit, le sang s'effaça de ses vêtements, en petits nuages rougeâtre se dissipant dans l'eau. Le plus gros avait quand même fini entre les dalles de la ruelle, pas sur lui. S'il en restait sur ses bras, ça ne se voyait pas de toute façon, avec la crasse et les taches de rousseur qui le couvraient, alors autant dire que c'est bon, surtout que cette flotte était glaciale.

-"C'est bon. Et vu que t'as pas l'air d'être d'ici, je vais nous emmener vers les quartiers marchands. Autant suivre celui qui sait où il va."

Imparable logique. Enfin, au moins pour quelqu'un qui n'as pas envie de trop traîner avant de manger, parce que ça commençait sérieusement à lui manquer, un bon repas. Où un repas tout court, en fait.
Le rouquin les mena donc dans la bonne direction, les rues devenant rapidement pas mal plus large et plus animées. Curieusement, le grand efflanqué n'attirait pas tellement les regards, malgré sa taille et son physique pas si habituel que ça, doué pour avoir l'air inintéressant. On ne pouvait pas en dire autant de son vis à vis avec son chapeau gigantesque, ses vêtements inhabituels et ses trois felyne qui occupaient d'ailleurs énormément Ilya, qui les observait avec curiosité dans leur déplacements joyeux et leurs conversations aléatoires.

Finalement, après quelques croisements et passages, les deux personnages débouchèrent sur une grande rue animée. Pas autant que le samedi, jour du marché, mais quand même active, bruyante, toute de couleurs et d'odeurs. Ça changeait du blanc caractéristique de la pierre des murs de cette ville, les étoffes, fruits, légumes, épices se faisant concurrence. Mais, plus intéressant, les auberges et petits étalages offrant à peu près tout ce qu'on pouvait s'imaginer, pour autant que ça n'allait pas à l'encontre des obligations religieuses des habitants. Là ils avaient le choix. La faim revint d'ailleurs frapper le grand maigre de plein fouet à l'idée de se nourrir, et il enfonça ses mains un peu plus profond encore dans les poches de son vieux pantalon de toile, refoulant l'envie d'attraper quelque chose et de courir.
C'était tentant.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Dim 2 Oct - 22:48

Comme le rouquin se proposait si agréablement comme guide pour le mener jusqu’au marché, Sacrys haussa nonchalamment des épaules et se mit à le suivre, jetant de temps en temps un coup d’œil à ses Felynes qui discutaient en poussant régulièrement quelques miaulements aigus. Bientôt, l’odeur embaumée de quelques pousses de romarin ainsi que le parfum de fraîches mandarines vinrent annoncer au petit groupe qu’ils étaient arrivés au marché.

Désormais, ce n’était plus l’habituel blanc nacré des murs de la ville sainte qui dominait, mais toute une effusion de couleurs diverses. Somptueux rouleaux de tissu, délicieux fruits, odorants pots d’épices et bibelots quelconques étaient étalés aux yeux des passants dans le seul but de les attirer et de les pousser à dénouer leurs bourses. Se léchant la lèvre supérieure, Sacrys attrapa le bras d’Ilya et se mit à courir à travers tentes et étals sans rencontrer d’obstacle pour arriver devant une taverne qu’il avait du apercevoir plus tôt. Courir au rythme d’un bonhomme capable de toucher les quatre-vingt kilomètres par heure, c’était quelque chose. Avant de franchir le seuil de ce lieu d’où émanait une forte odeur d’alcool, le mercenaire jeta un coup d’œil au rouquin. Puis, comme si ce dernier avait donné son accord (ce qu’il n’avait probablement pas fait, vu les exclamations de voix et grognements qui provenaient de la porte entre-ouverte), s’engouffra à l’intérieur de la « Tête de Bouc ».

La « Tête de Bouc » était un endroit où presque tout, à l’exception de la clientèle ainsi que des vivres, semblait être de bois : Le plancher, les tables basses, les tabourets, le comptoir, les choppes… Derrière le comptoir se trouvait une grosse et solide matrone qui possédait, aussi incroyable que cela puisse le paraître, une épaisse touffe de poils sous le menton (d’où peut-être le nom de « Tête de Bouc ») et semblait passer ses journées à essuyer avec un torchon à la propreté douteuse des choppes crasseuses. Elle lançait actuellement des regards noirs à deux hommes, au bout de la taverne, qui s’échangeaient des coups sous les exclamations ravies des autres clients. En se rapprochant un peu plus, tenant toujours fermement le bras du chenapan, Sacrys s’approcha de la bagarre par curiosité. Alors que le plus gros des adversaires transformait ses poings en enclumes et frappait avec hargne devant lui, l’autre faisait brusquement surgir un tentacule de son corps et déviait les coups le ciblant, giflant au passage son opposant.

Soudainement, le rouquin fut tiré en arrière et forcé à s’asseoir sur un haut tabouret grossièrement sculpté dans du bois, en face du comptoir. A sa droite, l’épéiste commençait à commander différents plats à la matrone qui lui lançait un regard qui voulait probablement dire « Tu ne vois pas que je suis occupé ? » ou alors « Ici, les gens ne commandent que de la bière. », mais auquel son locuteur ne portait pas le moindre attention. Enfin, lorsqu’il eut fini de lister tous les noms de mets qui lui passèrent par la tête, il se retourna vers Ilya.

Sacrys : Et toi, de quoi tu as envie ? Ou plutôt, qu’est-ce que tu veux boire, puisque j’ai déjà commandé la bouffe ?

Bien plus loin, dans les entrailles du marché, trois petits Felynes avançaient silencieusement, le corps allongé contre le sol jonché de vieux légumes, en direction d’un étal qui devait, à l’odeur, contenir de la felvine, ainsi que d'autres herbes futiles. Le marchant semblait pour l'instant occupé à marchander avec quelques clients. Baal, le chat au bâton et aux boomerangs, décida de tenter un petit pickpocket.

Baal : Restez là, je vais aller nous en ramener une poignée.
Numb : Trop risqué, miaou, 'vaut mieux attendre que le bonhomme s'éloigne un peu avant de se lancer.
Baal : Qui a dit "on" ? J'en fais mon affaire. Vous, vous restez ici.
Numb : Genre, c'est maintenant toi qui commande... Tsss. (Ses poils s'hérissèrent et il cracha une boule de poils.)
Siegfried : Beh, écoute Numb. Si le jeunot croit qu'il va arriver, on le laisse. Du moment qu'il nous ramène aussi notre part. Et s'il rate, on pourra le regarder décamper à toute vitesse avec un marchand fou furieux à ses trousses, miaou.
Numb : Si tu le dis...
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]   Mer 26 Oct - 1:02

Il avait toujours l'eau à la bouche quand il passait dans les rues marchandes de la ville sainte. Et après tout, comment ne pas saliver devant les étalages parés des plus belles couleurs du pays, d'or et de pourpre, de vert, de blanc, du bleu le plus profond, débordant de victuailles, d'épices, de métaux, de bois, d'objets les plus divers. Comment, au son de toutes ces voix, de tout ces pas, englouti par mille bruits et cent mille senteurs, ne pas se sentir transporté dans un monde complètement différent, empli de délicieuses tentations?
Et, en parlant d'être transporté...
Ilya fut brusquement arraché à l'état second dans lequel le mettait toujours cet endroit quand le mercenaire qu'il accompagnait s'empara soudainement de son poignet et démarra au quart de tour, le rouquin trébuchant et se rattrapant de justesse pour essayer de suivre cet étrange personnage qui menaçait de lui déboîter l'avant-bras. C'était pas humain de courir aussi vite, même lui qui pourtant se débrouillait plutôt bien n'arrivait absolument pas à suivre, ses pieds traînant par dessus les dalles et menaçant de le lâcher à chaque pas. Un peu de pitié pour les convalescent, non? Bon.

Heureusement pour notre pauvre perche, les pas de Sacrys ne le menèrent pas très loin, s'arrêtant tout aussi brusquement devant une auberge que le jeune homme connaissait certes déjà, mais dans laquelle il n'avait pas vraiment passé beaucoup de temps, favorisant les endroits qui étaient prêts à t'échanger un repas pour une journée de travail. Il eut à peine le temps de retrouver un équilibre approximatif que l'autre nerveux l'avait déjà traîné à l'intérieur, toujours avec son bras en otage.
L'odeur des épices et des fruits frais fut immédiatement remplacée par celle, plus agressive et beaucoup plus pesante, de l'alcool et de la sueur, doublé du son des rires et des cris, des verres et des coups. La tête de bouc n'était certainement pas connue pour son ambiance classe et sophistiquée. Plutôt pour les bagarres dans le genre de celle dont ils étaient en ce moment témoin, lui et ce damné mercenaire qui insistait à le traîner d'un bout à l'autre de la salle, leur valant quelques regards de travers de la part de ceux encore en état de penser. Visiblement, un homme tentaculaire parant une enclume suffisait à gagner l'attention du brun à l'imposant chapeau. Ilya était moins passionné, peut-être parce qu'il était trop souvent au mauvais bout (personnel de l'auberge/du bar) quand ce genre de bagarres éclataient. Enfin, pour le moment, celle ci semblait encore assez... contenue.

Arraché une fois de plus à son flot de pensées, encore et toujours par le même individu hyperactif, le rouquin se trouva cette fois ci bazardé sur un tabouret de bar, l'épéiste à côté de lui commandant un peu de tout à tord et à travers, sous le regard nonchalant de la matrone qui allait probablement lui mettre une assiette du plat du jour, quel qu'il soit, sous le nez, sans plus s'intéresser à ce qu'il pouvait bien réclamer. La scène avait quelque chose de si comique qu'elle arracha même un rire bref et discret au jeune homme, amusé par le comportement erratique de son vis à vis. Autant d'énergie et d'assurance pour un seul homme, c'était pas mal.
-"Une bière pour moi, merci."
La seule valeur sure de toute façon. Nourrissant, assez alcoolisé pour désinfecter ton verre et pas assez pour te faire tourner la tête. Bon, elle pouvait être franchement dégueulasse par endroits, mais c'était dur de se tuer avec.
Ignorant ce que le mercenaire pouvait avoir commandé ou pas, la femme s'empara immédiatement de deux chopes vaguement essuyées et les remplit d'une bière qui n'avait pas l'air si dégueulasse que ça, si on faisait abstraction de l'état du contenant. Là dessus, elle se dirigea vers l'autre bout du bar pour finalement disparaître sur le coin, peut-être parti chercher la nourriture miraculeuse réclamée par Sacrys, peut-être simplement allée voir ailleurs si les gens y étaient moins chiants. Nous le saurons bien assez tôt.

-"Tu as déjà été ici auparavant?"

Des résidus d'une certaine éducation qui traînent dans ton langage, mon petit?
En tout cas, la question semblait justifiée. Le mercenaire avait choisi cette auberge sans beaucoup d'hésitation, emportant avec lui un Ilya un peu surpris, surtout par la rapidité des déplacements de l'autre. Mais en même temps, il ne semblait pas vraiment avoir su comment atteindre les quartiers marchands de la ville. En tout cas, il était curieux d'en apprendre plus sur ce type, il semblait être du genre à avoir des choses à raconter.
Après, Ilya ne brillait pas particulièrement dans l'art de faire parler les gens, mais bon. On fait ce qu'on peut.

Tiens, rien à voir, d'ailleurs, mais il n'avait pas trois bestioles avec lui, avant? Le rouquin chercha du coin de l'œil trois boules de poils bavardes, mais il ne les trouva pas.
Curieux.
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Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. [Sacrys]
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