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 [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !

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Katia Phoenix
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MessageSujet: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Jeu 14 Avr - 20:23

Bonjour ! Voici la première édition du concours de RP d'Az-Mary ! Vous savez, les petites lignes qui étaient glissées dans le règlement sur les points de capacité ? Et bien les voilà mises en œuvre, par ce petit challenge que je vous propose de relever à mesure d'un tous les deux mois, et dont la récompense sera, comme vous pouvez le deviner, des points de capacité. (Et accessoirement la gloire d'être en page d'accueil, mais la gloire ne vous intéresse pas, n'est-ce pas?)

Bon, trêve de bavardages, laissons place au spectacle. C'est à dire, comme vous les attendiez toutes j'en suis sûre, les règles de ce concours :

    Mise en forme et notation :
    - Les écrits devront avoir un minimum de 30 lignes sous word, Arial 12 (pour respecter la police par défaut du forum)

    - Ils seront notés sur leur aspect agréable de lecture (orthographe, grammaire, syntaxe) ainsi que sur leur intérêt (banal ou non) et surtout sur le respect de la consigne (du thème) et leur originalité.


    Déroulement du concours :
    - Vous aurez jusqu'à dimanche 1er Mai pour envoyer vos participations par MP à Lux Adhémar, après quoi ils ne seront plus acceptés.

    - Les écrits seront alors rendus publics sur ce topic, avec un post par participant de façon à ce que tous puissent les partager.

    - Les notes et appréciations seront postées le 8 Mai au plus tard.


    Récompenses :

    - Le gagnant aura 200 points de Capacité, et 100 points d'Expérience. Il sera de plus affiché sur la page d'accueil.

    - Les deuxième et troisième auront 100 points de Capacité et 50 points d'Expérience.

    - Les autres gagneront 30 points de Capacité, 15 points d'Expérience.


    Les différents sujets du concours :

    - Après une erreur de manipulation, votre personnage se retrouve catapulté trente années après aujourd'hui, sous forme d'un spectre. Il peut voir et entendre tout ce qui se passe autours de lui et découvre ce qu'il deviendra, imaginez-le. Il ne peut pas toucher les personnages du décor, leur parler et s'il agit avec leur environnement ils ne s'en rendent pas compte ou n'y font pas attention. Comment réagit-il? Que fait-il pour aider/changer sa vie future? L'histoire peut, à votre convenance, durer deux, trois jours ou un mois entier, mais restez logique.

    - Victimes d'une (très) mauvaise plaisanterie, votre personnage se retrouve dans un corps qui est le sien... mais de l'autre sexe. Il découvre par la suite (de la façon que vous voulez) que l'effet risque d'être permanent s'il ne va pas chercher un ingrédient (de votre choix). Que fait-il ?



Voilà voilà =)
Il ne me reste qu'à vous souhaiter un bon courage, et que les Muses soient avec vous !



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Katia Phoenix
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Jeu 14 Avr - 20:53

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Dernière édition par Katia Phoenix le Mar 3 Mai - 12:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Sam 30 Avr - 13:50

Puisqu'il n'y a aucun inscrit à la veille de l'échéance, le délais est allongé jusqu'au 14 Mai.



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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Dim 15 Mai - 15:02

Première participation : Loba Cerene

Il était de notoriété publique dans le village des esprits que la jeune Loba Cenere, l’élève de Lupin Cenere, avait fort mauvais caractère.
Connu aussi régionalement qu’elle maîtrisait très mal sa pierre, et qu’elle n’avait pas la patience de s’entraîner pour se faire de l’expérience. La preuve étant, de nombreuses invocations ratées de créatures liées à elle mais trop puissante pour qu’elle puisse les appeler sans dommages, résultant en des apparitions fantomatiques malformées, ou à l’inverse, une énorme invocation du démon même, mais la jeune femme étant trop
faible, elle tombait dans les pommes et le monstre était laissé libre et désorienté.
Ordinairement, Lupin, son maître et ancien possesseur de la pierre, les calmait et les renvoyait dans le monde spirituel.

Mais il advint un jour que Loba aie à payer les conséquences de ces invocations foireuses, et cette expérience la poussa à ne plus jamais tenter d’invoquer une créature sans être sûre d’avoir la force physique et mentale nécessaire pour. On peut se demander, vu le peu de cervelle et les crises de nerfs de la louve mystique, ce qui pouvait bien être arrivé pour lui avoir mis du plomb dans le crâne…. Se transformer en homme, rien de moins. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Loba était fière d’être une femme, pour des raisons obscures, certes. Mais tout de même.

« C’est une mauvaise idée, petite louve… »
« Et ta sœur elle se chausse avec du cheval? » rétorqua Loba du tac au tac à la petite vieille boulangère venue l’observer pendant son entraînement quotidien. Celle-ci, Amära, habituée à voir Lupin superviser l’invocatrice, était quelque peu inquiète. Son moulin avait failli être
détruit pas plus d’un an auparavant, alors que la louve s’était mis en tête d’invoquer Tiamat et avait en effet réussi mais tellement tiré sur ses réserves qu’elle s’était retrouvée dans le coma pour deux mois…. La dragonne créatrice n’avait pas la concentration requise pour réaliser où elle se trouvait, et donc poursuivit ce qu’elle était en train de faire: éternuer.
Seulement, un éternuement de dragon, ça projette des flammes un peu partout, et le village en aurait bien pâti si Lupin n’avait pas envoyé un coup de pied à Tiamat pour la faire prendre
conscience de la réalité et lui demander d’aller absorber ses flammes, ce qu’elle était partie faire. Le village avait gardé le souvenir de l’accident, mais malgré tout ça…
Amära retenta sa chance un peu plus tard, quand Loba eut finit de tracer sur le sol les symboles de sa créature qui, mauvaise nouvelle, ne disait rien à la petite vieille.
« Lupin n’est pas là, alors nous ne sommes pas très rassurés… »
« Je sais, justement! » Le justement s’adressait à l’absence de Lupin, non pas au manque de confiance des villageois envers elle. Cependant, étant donné le caractère de la louve, la boulangère saisit l’inverse.
« Tu est vraiment démoniaque! »
Loba haussa les épaules, lui tira la langue, et montra le cercle sur lequel pendait son collier de dents qu’elle mordait pour l’invocation: « En parlant de démoniaque, je suis en train d’invoquer une succube, tu veux
voir? »
Amära sursauta et recula, la considérant avec des yeux de gobis… Avant de se mettre à hurler, et de partir en courant. Loba éclata d’un rire joyeux et s’adressa à la forme qui se matérialisait un peu plus loin : « Ben dis donc il leur en faut pas beaucoup! Sont bêtes ces
femmes! »
« Je suis bien d’accord. Ce ne sont que créatures faibles et pitoyables. » résonna une grosse voix bizarre, complètement différente de ce à quoi Loba s’attendait en invoquant sa succube. Elle changea donc son image mentale pour celle d’un gaillard de 2m40 habillé en femme, nettement moins sexy que ce qu’elle pensait…

Puis, la créature finit par se matérialiser. Et, le moins qu’on puisse dire, était que ça n’avait rien d’une succube. Une bête aux allures d’homme gogo-dancer, habillé en cuir et une paire de menottes à la main, le pied posé sur une souche d’arbre, se créa à la place de la pulpeuse bimbo prévue pour donner à Lupin qui était parti soi-disant rencontrer une amie.
Les yeux verts du démons se tournèrent vers la jeune femme qui, perturbée, restait dans sa pose à quatre pattes au sol, mordant le collier, et l’espace d’un instant, une lueur d’incompréhension circula.
« Et… Vous êtes? » demanda-t-il, se grattant la tête. « Une amante jalouse, une épouse cocue, qui veut se venger d’une rivale…? »
« Heu, non, en fait, j’voulais vous présenter mon tuteur, mais je pensais que vous seriez plus féminin que ça… » expliqua Loba, fixant le cercle d’invocation avec beaucoup d’ennuis. L’incube parut se fâcher.« Dites, vous seriez pas encore un de ces foutus démonistes qui nous appellent à tout va et se trompent? »« Heu, non, moi j’suis Loba… »
La mention du prénom de l’individu n’avança pas beaucoup l’incube qui se présenta ainsi : « M’appelle Aaron, un incube au service du sixième roi des démons, et… »
« Cool. » rétorqua Loba en remarquant qu’elle avait mal formé l’une des runes. Le démon sourit d’un mauvais rictus.
«En récompense de l’invocation d’un de ses sbires, il a décidé de vous remercier avec un petit cadeau. » Cette fois, l’attention de la louve fut captée, et elle leva ses grands yeux verts d’eau vers lui, intriguée. « Un cadeau? J’ai jamais voulu t’invoquer, moi, je voulais
une copine pour mon maître… » L’incube découvrit toutes ses dents en agrandissant et avilissant son rictus. « Je crois que tu te trompes sur ce que veulent les hommes… Tiens, tu auras un aperçu de ce que ça fait, pour une journée! » La créature pointa ses doigts sur elle et éclata d’un grand rire. Loba éternua en se fichant de ce qu’il pouvait bien
raconter.

Elle ne réalisa que bien plus tard ce qui s’était passé, quand Lupin rentra de son rendez-vous accompagné d’une jolie femme, et qu’elle se mit au rapport à leur entrée dans la maison. La
manière qu’il avait de la dévisager était bizarre… Jusqu’à ce qu’il ne
tire une dague et la menace avec, les traits déformés par la fureur, une
expression qu’elle ne lui avait encore jamais vu et qui perturba
fondamentalement Loba.
« HORS DE CHEZ MOI! Espèce de voleur! »
« Mais - mais maître! C’est moi! Loba! » tenta-t-elle, entendant alors sa propre voix, plus grave. Elle reconnut alors la femme qui l’accompagnait, la maîtresse d’école locale, qui lui avait appris deux trois petites choses à l’occasion. « Hé, Chissine! Comment ça va? »
A sa grande surprise, Lupin et Chissine lui sautèrent dessus, l’un pour la blesser ce qu’elle esquiva lestement mais sans comprendre, et l’autre pour lui écraser les… bijoux de famille. Une douleur effroyable emplissant tout d’un coup la jeune femme ou homme, elle s’écrasa par
terre en se tenant l’entrejambe, ses yeux plein de larmes de douleur et se mordant les lèvres. Lupin pointa sa dague sur elle.
« Où est Loba! Qu’est-ce que tu lui as fait! »
« Hein? Mais c’est moi! Je… »
« Tu lui as même volé ses vêtements! Je ne pardonnerais pas d’avoir blessé mon apprentie- »
Loba le coupa par un hurlement surdimensionné, apercevant son reflet dans une casserole, se rendant compte de sa brutale difformité: elle avait une MOUSTACHE et une barbiche! Qu’est-ce que c’était encore que ce délire!
Elle se mit alors à courir en espérant se réveiller, glissant sur le côté pour échapper à son maître qui ne la reconnaissait pas, et se mit à cavaler vers la rivière où un vrai reflet d’elle-même devrait l’attendre!

C’était peine perdue… Et puis, ses pieds, trop grands pour ses bottes, la faisaient souffrir, alors elle finit par les jeter au loin pour courir plus rapidement, mais glissa dans la boue formée par une épaisse pluie tombée quelques jours plus tôt et finit sa chute dans une mare à cochons.
Ceux-ci surpris de voir ce nouvel objet non identifié entreprirent de lui manger les cheveux, mais elle se vengea du tirage intempestif de chevelure en invoquant une nuée de frelons dont une toute jeune reine qu’elle aimait bien, pour que ceux-ci la protègent. Cependant, par le portail matériel et spirituel d’où s’était crée le nid, une sombre voix retentit, qu’elle n’avait encore jamais ouïe.
« Alors? Ta nouvelle forme te plaît? »
« Mais t’es qui toi, la pelure d’orange moisie? » rétorqua Loba face à effectivement une
pelure d’orange moisie qu’elle méprenait pour la voix, n’appartenant visiblement pas à un des cochons. La reine des frelons cria du hurlement qui tue, faisant fuir les porcs qui sautèrent par-dessus leurs enclos, puis elle vint se poser sur le torse de Loba qui constatant qu’en effet, il lui manquait sa poitrine.
« C’est vous qui lui avez fait ça? S’il-vous-plaît, rendez-lui sa forme! »
« Mais de quoi vous parlez? » s’intrigua Loba, avant que l’incube qu’elle avait invoqué précédemment ne s’arrête près de l’enclos, ayant volé les vêtements d’un noble, pour la saluer d’un air amusé. La louve entreprit de lui jeter de la boue dessus et se rendit compte au passage que ses bras étaient couverts de longs poils noirs qui lui firent faire la
grimace.
« Beurk… C’est pas drôle, j’veux être une femme à nouveau, mon maître il me reconnait même pas… »
Le plus ennuyeux étant certainement que Lupin la prenne pour un voleur, le reste ne la gênait à la limite pas. Elle pouvait se débrouiller avec, même si elle aimait bien rendre cataleptiques les vieux du village en allant se baigner dans la rivière… Et puis ses invocations la
reconnaissaient, donc tout n’était pas perdu.
Sauf qu’elle était pas belle, et que Lupin ne l’aimait plus sous cette forme, au point d’aller
se chercher une femme idiote et moche - Vous devez bien comprendre qu’elle aurait été jalouse de la succube quand même.
Le démon dans le portail éclata d’un grand rire curieux, ressemblant quelque peu à un
grand: « Yohohoho » perturbant, et s’arrêta temporairement pour donner l’ordre suivant: « J’avoue, Lakishtu, si tu contribue encore à faire paniquer deux humains, je t’accorderai peut-être ta promotion… »
« Bien, Lord Sösö! Ce sera fait! » cria à son tour l’incube qui avait été nommé Lakishtu précédemment.
La présence dans le portail disparut, laissant seule Loba avec sa reine des frelons et l’incube.

Celui-ci regretta très vite amèrement son tour de malice: la louve le pointa du
doigt et ordonna d’une voix mâle d’aller lui piquer les fesses, ce qui, pour le fermier qui venait d’arriver, était… étrange. Surtout que ce dernier grimpa rapidement tout en haut d’un pêcher, en dessous duquel Loba ne tarda pas à arriver, couverte de boue et ayant plutôt l’air d’un
élémentaire foiré.
« Descends de là! Je veux ma forme normale! »
Le paysan, qui avait suivi l’échange avec beaucoup de curiosité, s’approcha d’eux avec sa fourche à la main et sur le dos d’un de ses porcs… « S’cuse moi Sieur, j’peux v’demander ce que v’fichez? »
« J’t’ai demandé la lune le moche avec ta patate en forme de carotte? » rétorqua du tac au tac Loba, qui voyant le paysan hésiter avec de grands yeux, finit par reconnaître ce regard ahuri et se mit à ricaner. « Dis donc, toi, je t’ai déjà vu, c’est pas bien de me mater dans le bain! »
«Hein?!! » s’étouffa le vieil homme avant de finir par se mettre à s’énerver et lui foncer dessus avec la fourche - Loba tenta de grimper à l’arbre, mais son changement de corps l’ayant rendue quelque peu malhabile, elle glissa et dut son salut à l’intervention de Lakishtu.
Celui-ci, venant d’avoir une idée démoniaque, se laissa tomber devant elle et sur la tête du paysan, et lança à Loba : « Hé! Ton maléfice il va être éternel si tu me files pas un coup de main! »
« TU ME GONFLES! » rugit la louve en lui balançant une branche dans la figure. Le démon
tomba par terre, et alors qu’il tentait de gémir qu’il savait comment annuler le sort, Loba aperçut le paysan se relever et rester un peu confus.
Une idée absolument diabolique germa dans sa tête, à tel point qu’elle aurait pu jurer entendre le rire de Lord Sösö derrière elle: elle tira la langue, et annonça au paysan que s’il aimait bien « aller mater les filles, vous allez pas être déçu du voyage » et…
Enchaîna un strip-tease particulièrement perturbant de déhanché féminin sur un corps d’homme bourru et maigre.
Lakishtu oublia son envie de revanche à cause du fou rire provoqué, et en voyant le paysan se frotter les yeux étant certain d’avoir déjà vu ça avant, en rajouta une couche en faisant exactement la même danse que Loba. Le pauvre homme était en train de péter les plombs, et se faisant en prime piquer les fesses par la reine frelon, hurla au diable et partit en courant.

« En fait, si tu m’aides à faire paniquer encore quelqu’un, je t’aide à trouver une Gomme de Lune. »
Loba, qui venait d’achever son fou rire, de faire copain-copain avec Lakishtu et de bien rigoler avec Lord Sösö apparu après la fuite du paysan, haussa les sourcils qu’elle avait dorénavant touffus.
« Et ça va servir à quoi? »
« A annuler le sortilège et se faire redevenir une femme. Donnant-donnant, non? »
« Non, j’suis victime de toi. Mais c’est drôle de faire peur aux gens. Et on peut en trouver où une Gomme de Lune? »
« C’est un objet utilisé par les écoliers pour corriger leurs copies ou par les apprentis pour corriger leurs erreurs, donc, j’imagine, près d’une enseignante… » exposa Lakitshu. Loba n’eut pas besoin de réfléchir longtemps, pour une fois, même sans la reine Frelon là pour lui donner des idées (cette dernière était retournée dans le plan spirituel quand Sösö était revenu.
« Cherche pas. Je sais sur qui on va trouver ça. Et je sais aussi à qui on va pourrir la vie. »

Lupin était en proie à la plus grande panique. Il avait compris qu’il était arrivé quelque chose à Loba à cause d’une invocation tentée en son absence, grâce au témoignage de la fidèle boulangère, surprise d’avoir vu son époux rentrer les fesses criblées de frelons.
Mais, le pauvre maître était tellement gentil qu’il ne pensait pas un instant que Loba aurait fait cela de son plein gré, et se figura donc que l’homme qui se prétendait être elle tout à l’heure lui avait volé sa pierre. Il cherchait donc bravement dans la bibliothèque un moyen de contrer le sortilège, délaissant ainsi sa copine désignée, Chissine.
En parlant de cette dernière, elle vivait très mal d’être ainsi délaissée, et s’acharnait donc à faire le plus mauvais plat possible pour se venger…. A peine invitée chez un homme qu’il la prenait déjà pour sa bonne à aller s’amuser pendant qu’elle travaillait? Soit, il verrait sa soirée
pourrie…
Elle utilisa sa Gomme de Lune pour effacer un mauvais calcul fait, celui d’égoutter la salade - pleine d’eau, ce serait mieux! Elle mollirait, deviendrait immangeable! Aussitôt, la salade se trouva submergée dans la bassine comme si rien ne s’était passé…
« Ca mouille, ça mouille, c’est la fête à la Chissine ♥ » chantonna une voix derrière elle. Elle sursauta et se trouva nez à nez avec un homme en string léopard allongé sur le dos sur la table de la cuisine, le nez en l’air. Il s’agissait du voleur d’avant, non?
« All-allez vous en! »
« Allez, maîtresse! C’est moi, Loba! Vous voulez pas faire un câlin? »
Chissine hoqueta, surprise, et s’approcha pour vérifier les traits du visage, voir si en effet elle reconnaissait Loba sous ce changement… Mais la louve s’amusa alors à faire un geste obscène qui fit bondir de frayeur cette pauvre enseignante.

Pendant ce temps, Lakishtu était parti trouver Lupin, toujours en proie à d’immenses doutes. Celui-ci, absorbé par ses recherches, n’entendit pas la porte s’ouvrir et sursauta quand une patte palmée d’incube se posa sur son épaule.
« Professeur Lupin…? Je suis un disciple de Lord Sösö, on a retrouvé votre jeune amie… »
Curieusement,la mention du roi des démons ne surprit pas Lupin. Invocateur de haut niveau par le passé, il avait dû malheureusement le côtoyer un jour, et avait mal vécu ce passage. Mais si Loba l’avait invoqué par erreur, il n’y avait aucun doute que, comme il le pensait, elle ait pu subir les pires tourments.
« Où est-elle…! Qu’est-ce que vous lui avez fait?! »
«Oh, rien du tout, nous l’avons envoûtée avec un Délecti… Le garçon que vous avez vu ce matin n’était pas prévu, nous l’avons forcé à lui rendre sa pierre. Mais je vous conseille de vous dépêcher, sa proie c’est votre amie, Chissine… »
Comprenant très rapidement ce qui allait se passer, Lupin saisit Lakishtu par le col et se précipita dans sa cuisine ou…

Loba, ayant volé la Gomme de Lune en procédant à une fouille minutieuse de Chissine tétanisée par la frayeur, venait de se transformer en femme, dans la même tenue que précédemment. La transformation effraya alors Chissine, qui comprit tout le stratagème employé pour lui ficher les jetons, mais Lupin rentra à ce moment précis et resta… tout bête. Le rêve de Tortue Géniale réalisé. Sa pauvre amie réalisa alors qu’elle était pas dans la panade, aperçut le démon et saisit ce qui se passait, et se mit à hurler soudainement en proie à la grande terreur d’avoir été maudite par un incube. Elle sauta par la fenêtre (rez-de-chaussée) et s’enfuit en courant… Loba se regarda dans le reflet d’une fenêtre éclairé par la bougie, s’aperçut qu’elle était redevenu femme et leva les bras au plafond en criant « YOUPI » et se tourna vers Lakishtu pour le remercier, mais aperçut à cet instant Lupin.

Le piège des deux démons venait de se refermer: Loba fut prise d’une panique épouvantable et hurla en courant au dehors pour rejoindre sa chambre par l’arrière de la maison et fermer celle-ci à clé. Lupin, qui était resté dans une attitude, on va dire, neutre, essayant d’ignorer le filet de sang, envoya un regard mauvais à Lakishtu.
« C’était vicieux, ça, tu sais? »
« Oui, mais du coup j’ai eu une promotion! Lord Sösö! Lord Sösö! »
Répondant aux appels de Lakishtu, le portail s’ouvrit pour qu’il puisse rentrer pensait-il, mais à l’inverse, Lord Sösö descendit lui-même du portail spirituel, se créant lui-même une matérialisation car tel était le pouvoir des plus grands esprits de ce monde-là, et s’inclina faussement devant Lupin qui ne lui rendit pas la pareille, le dévisageant d’un air taquin.
« Ca faisait longtemps! Ton apprentie est hilarante quand elle prend peur sais-tu? »
« Je suis extrêmement déçu, Sösö… Je pensais que notre amitié t’empêcherai de blesser les miens, mais je me trompais. »
« Pour qui me prends-tu? »
«Pour quelqu’un qui n’a pas envie d’être lié à cette même apprentie… Si tu ne retires pas immédiatement le petit lien qu’elle a crée spontanément en invoquant ton disciple, je te jure que je te lie à elle. »
Le roi des démons finit par réaliser que c’était une très mauvaise idée que de se faire lier à une folle pareille. Vu l’utilisation et la détresse de l’esprit des Frelons… C’était pas très intelligent.
« Très bien…. Tu as gagné. Que veux-tu que je fasse en guise de bonne foi? »
« Sa promotion. Il peut la mettre là où l’honneur de ma chère Loba est allé aujourd’hui. »
Sösö explosa de rire et Lakishtu se métamorphosa en un seau d’eau, avant de serrer la main de Lupin et de disparaître dans les limbes.

A l’autre bout de la maison… Loba réalisait qu’en fait elle n’avait absolument aucune connaissance de la raison pour laquelle elle aurait du se sentir gênée tout à l’heure et la raison de la honte de Chissine.
« Mais pourquoi j’ai réagi comme ça, moi, au fait? »
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Dim 15 Mai - 15:05

Seconde Participation : Raven Aryus

Raven pesta, cette quête tournait mal ! Sa cible était devant lui, et courrait à s'en déboîter les jambes, et malgré toute sa bonne volonté, Raven ne parvenait pas à la rattraper.
Cela faisait plusieurs jours que le contrôleur de glace débutant avait commencé sa quête, qui consistait à retrouver un objet de grande valeur qu'une bande de brigands avait réussi à voler dans le Palais Royal de Jeyna et ce, malgré toute les protections mises en place pour le protéger. Les voleurs étaient parvenus à voler « Le Sablier d'Icholas » une statuette en or incrustée de joyaux d'une grande valeur marchande. Mais encore, si c'était juste cela, cela n'aurait pas été très graves mais le problème était que dans cette Statuette se trouvait une Pierre Magique. Une Pierre Magique très rare même.
Le Diamant Rose, qui offrait à son porteur de nombreux pouvoirs. Sauf que CE Diamant-là offrait un pouvoir rarissime...La maîtrise temporelle. Ce qui incluait vieillissement, voyage dans le temps...

- Arrête-toi donc !


Malgré tous les cris du blond, le voleur ne fit même pas mine de ralentir, au contraire, il accéléra encore l'allure, menaçant de distancer Raven, qui peinait de plus en plus à le suivre. Raven avait finit par retrouver la bande de voleurs dans une vieille maison de Jeyna, mais la quasi-totalité des bandits s'était aussitôt jeté sur lui, pensant le maîtriser sans peine, tandis que le dernier s'enfuyait, avec son précieux chargement. Le temps que Raven réussisse à se débarrasser des voleurs, l'autre avait déjà pris une bonne avance, et lorsque Raven réussi à le rattraper, il passait déjà les portes de la ville.
Par conséquent, cette poursuite se poursuivit en dehors de la ville, tandis que Raven s'essoufflait, et que le voleur prenait de plus en plus de confiance. Finalement, à bout de force, Raven leva le bras et vida son énergie dans une unique Flèche de Glace, qui s'envola et transperça le mollet du bandit, qui s'effondra. En quelques enjambées, le contrôleur de glace le rejoignit, et récupéra la statuette précieuse.

-Fiouw...Ta blessure est superficielle, tu devrais pouvoir rentrer en ville pour aller te soigner.


Ainsi, le blond planta là le voleur, et commença à retourner d'un pas tranquille vers Jeyna. Mais alors qu'il s'approchait de la muraille, il vit à sa gauche quelque chose qui l'intrigua. Une forme, grise, indistincte, un peu comme une grosse statue. Mais une statue magnifiquement ciselée, représentant une jeune fille au regard vide. Cependant, en plein milieu du torse résidait une énorme gemme écarlate qui pulsait régulièrement, émettant dans l'air une atmosphère étrange. Raven fronça les sourcils, il était sûr de connaître quelque chose sur ces statues...mais impossible de se souvenir quoi ! En attendant, il ressentait quelque chose...de bizarre. Étrangement, il sentait que proche de cette statue, son pouvoir fluctuait, son Diamant Incolore brillait d'un éclat vif et dans sa paume se formait régulièrement de petits cristaux de glace, qu'il n'avait pas crée volontairement.
Maintenant un peu inquiet, le jeune homme voulut rebrousser chemin, mais alors qu'il faisait demi-tour, Le Sablier d'Icholas qu'il tenait dans ses mains se mit à briller d'une intense lumière rose...

Lorsque Raven se réveilla, il ne comprit pas. Il se trouvait maintenant dans une écurie, au beau milieu d'un tas de paille, plus exactement à côté d'un cheval. Pestant, il se redressa, s'épousseta, et parvint à sortir du box où il se trouvait. Mais alors, quelque chose l'étonna. Le cheval, n'avait pas réagi. Il s'était certes senti gêné, mais n'avait pas bougé lorsque Raven s'était extirpé du box. Le blondinet passa plusieurs fois sa main devant les yeux de l'animal, qui ne réagi pas. Alors, le blond comprit que l'animal était aveugle. Sans plus s'en préoccuper, il sortit de l'écurie, et arriva dans une cour, où s'entassaient de nombreux soldats à l'air enjoué.
Tiens...Les soldats sont rarement aussi joyeux...Raven détailla la zone et finit par reconnaître Jeyna, mais c'était Jeyna sans l'être. Il reconnaissait parfaitement les murs, mais les civils portaient des vêtements étonnant, et les soldats avaient un équipement que le jeune garçon ne connaissait pas. Ils avaient toujours des armures, mais plus légères. Ils avaient toujours une épée, mais plus de bouclier, seulement un objet étrange avec une poignée qui était accrochée à leurs ceintures.
Sans vraiment comprendre, le jeune homme les suivit, il espérait comprendre où est ce qu'il se trouvait, et ce pourquoi Jeyna avait tant changée.
Il suivit les soldats, s'émerveillant de voir les détails qu'il connaissait de Jeyna qui n'avaient plus rien à voir et finit par arriver dans une taverne. Des soldats dans une taverne ? Alors qu'il y entrait, sans rien comprendre il entendit une grosse voix :

- Les garçons ! Demain on va enfin pouvoir affronter cette bande de bandits ! Ce sera un combat difficiles, c'est la plus grosse bande de la région, et ils sont très bien entraînés! Alors demain, je compte sur vous pour faire de votre mieux ! Et ce soir, c'est la fête !


Des soldats qui faisaient une fête la veille d'une mission ? C'était possible ? Surtout pour une mission de cette importance ? Raven ne savait pas où il était tombé, mais ce n'était pas la Jeyna qu'il connaissait. Ce fut alors que...tendant l'oreille, il entendit une conversation entre deux clientes assise au fond :

- Dis-moi...Ce n'est pas risqué de boire avant une mission pour des soldats ?

- Normalement c'est interdit, mais ce général a toujours pensé qu'il fallait les détendre avant les batailles pour qu'ils puissent lutter efficacement.

Raven tourna la tête vers la direction que une des deux femmes indiquait, et aperçu un grand homme baraqué, qui avoisinait la cinquantaine. Il avait des cheveux blonds qui viraient au blanc et un visage carré encadré par une barbe. Sur son dos, on pouvait distinguer le manche d'une énorme épée. C'était le seul à ne pas porter l'étrange objet à son côté, comme si il n'en avait pas besoin. La conversation entre les femmes reprit :

- Mais qui est cet homme qui ose braver ouvertement les lois ?


- C'est...un général de l'armée Royale. Son nom est Raven Aryus.

Un silence plana sur l'assistance. Comment ça Raven Aryus ? Mais...c'était impossible ! C'était lui Raven Aryus ! Cet homme lui ressemblait peut-être en plus vieux mais...AH ! Soudain, le jeune homme finit par comprendre. Le cheval aveugle, la statue de pierre, le Sablier d'Icholas. Il avait voyagé dans le temps ! Et apparemment, personne ne pouvait le voir. Afin de vérifier sa théorie, le jeune garçon shoota dans une table, qui s'effondra avec fracas. Personne ne tourna la tête.
Son regard se posa sur un calendrier. Mai 2036. Plus aucun doute à avoir...
L'horreur de sa situation lui apparut. Il était coincé dans une époque qui n'était pas la sienne, et en plus personne ne pouvait le voir.
Désespéré, il se laissa tomber sur une chaise, tandis que sa version future reprenait :

- Amusez-vous, mais soyez à l'heure demain, et en pleine forme !

Raven passa la soirée prostré sur sa chaise, à regarder les soldats s'amuser, comme s'ils n'étaient pas des militaires, et à regarder son futur, légèrement apeuré parce qu'il voyait. Avouez que voir à quoi on va ressembler dans trente ans c'est assez flippant ! Et encore, là il pouvait s'estimer heureux. Imaginez si Raven avez découvert qu'il finirait borgne, où unijambiste... Où tout simplement complètement gâteux ! Le contrôleur des glaces subtilisa une chope de bière, et la but dans un coin. Comment allait-il faire pour rentrer chez lui ?

Lorsque son futur sortit, le blond, après une hésitation, le suivit. Sa curiosité était plus forte que l'angoisse, et il pu ainsi assister aux bêtises de Raven Aryus version cinquante ans à moitié...Non complètement ivre. Ainsi, il lui arrivait fréquemment d'aller buter sur une charrette qui traversait la ville, où de trébucher sur un objet extrêmement dangereux, comme une plaque d'égout, où un légume tombé de l'état d'un marchand. Extrêmement dangereux pas vrai ?
Ainsi, le cinquantenaire arrive en titubant en face d'une maison, où il dû s'y reprendre plusieurs fois pour glisser la clé dans la serrure, après avoir tenté d'y glisser sans succès son énorme épée.
Le pire ? C'est que vu l'état de la porte, ça ne devait pas être la première fois qu'il s'essayait à ce genre de chose. Raven tomba à genoux. Il allait vraiment...Devenir comme ça ?
Et là, le coup de grâce retentit :

- Chérie je suis *hic* rentré.

Depuis l'intérieur de la maison, une voix féminine répondit. Oh punaise...Il allait se caser. Il allait finir en papy gâteau, dont la seul raison de vivre est de voir ses petits enfants ! Et en plus, qui était cette femme ?
Et là, dans l'esprit un peu embrumé par l'alcool de Raven Aryus, version « dix-neuf ans », il se dit qu'il pourrait profiter de ce passage pour vérifier qui serait sa compagne future, s'il la connaissait, parce que si ça se trouve ça pourrait être le cas ! Et puis comme ça il pourrait voir si elle était jolie !
Alors , il jeta un regard par la fenêtre sans chercher à être discret, puisque de toute manière il était invisible. Et là...il tomba sur...Un tête de Chat.
Le jeune blond s'évanouit. Il allait finir sa vie fiancé à un chaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaat ! Dans son esprit embrumé par l'alcool, il ne lui venait même pas à l'idée que cette idée était absurde. Dans un semi-délire, il cauchemardait, et par conséquent, il ne pu pas entendre la voix féminine dans la maison qui disait :

- Numb, va donc te coucher au lieu de rester à la fenêtre, il est tard !

- Oui !

Raven dormit mal, dans son sommeil il fit d'atroces cauchemars, peuplés de d'animaux, il imaginait sa version future en train de serrer contre elle un chat, un chat en robe, un chat dans un landeau, un chat à l'école, et cela ne se finissait jamais. Ce même chat devenait soldat, revenait les voir de temps a autre, alors qu'ils devenaient vieux. Et là les images se mettaient à tourner, des miaulements retentissaient partout, les têtes de chats se superposaient...
Raven hurla.

Le cri du jeune homme le réveilla. Il était devant une fenêtre, par terre. Le blond mit quelques secondes à reconnaître le lieu, et à rassembler ses souvenirs. Les gens passaient sans le voir, il était dans le futur...
Ah oui, il était devant sa future maison. Et...la porte s'ouvrit, laissant passer le général Aryus, suivi d'une petite bestiole, que Raven reconnu comme étant le visage qu'il avait aperçu la veille. Ah...C'était un Felyne, tout s'expliquait. Le jeune homme sourit de sa propre naïveté. Comment avait-il pu croire qu'il pourrait se marier à un félin ? Il avait du trop boire la veille...
Le jeune homme jeta un regard vers la maison. On pouvait entendre la même voix féminine que celle d'hier chantonner. En fait, il ne voulait pas savoir. Si jamais il apprenait qui pourrait être sa femme, cela risquait de modifier de manière irrémédiable son futur.
Maintenant qu'il était lucide, il se rendait compte à quel point il avait été idiot...Mais il ne savait toujours pas quoi faire pour rentrer chez lui. Dans l'immédiat, le jeune homme se résolut à suivre le général qu'il allait devenir.

- Numb, tu t'est préparé pour le combat ?

- Yes Boss ! J'ai préparé mes canons, et mes munitions ! Et de toutes sortes !

- Bien, alors comme d'habitude, reste bien en retrait, et couvre moi.

Le général était étonnamment plus calme que la veille, seulement maintenant, il correspondait plus à l'idée que Raven se faisait d'un général, il avait plus de prestance, et son visage était inexpressif. Là, Raven aimait ce qu'il était devenu, où plutôt allait devenir. Le trajet jusqu'à la salle de garde fut beaucoup moins chaotique que la veille, il y avait juste le Felyne Numb qui était assez excité à l'idée de participer à un combat, et par conséquent sautait partout.

Lorsqu'ils arrivèrent, tous les soldats étaient déjà prêt. Un jeune guerrier se rapprocha, avec dans la main un des objets à poignée que Raven avait remarqué la veille.

- Tenez général, votre mousquet à pierre.

- Brutus...Je te l'ai déjà dit, je n'en ai pas besoin.

- Mais général...

- Je te l'ai déjà dit, ce machin t'empêche de donner libre court à tes capacités.

- Mais...C'est quand même pratique ! Moi qui ait un pouvoir de Feu...

D'un geste expert, le jeune homme sortit de sa poche son mousquet, inséra dans la cavité prévue à cet effet sa Pierre, puis appuya sur une gâchette. Aussitôt, une boule de Feu jaillit de l'extrémité de l'objet et alla s'écraser contre un mur. L'action n'avait même pas durée dix secondes.

- C'est génial non ?

Le général Aryus le toisa d'un regard froid.

- Magnifique...Si tu t'entraînais sérieusement, au lieu de passer tes soirées à batifoler, tu atteindras ce niveau sans avoir besoin d'accessoire en même pas un mois. Ce truc entraves ta progression. Tu tires juste, c'est bien, mais depuis que tu possèdes ça, ton pouvoir a stagné, voir régressé. Il n'y a que toi pour donner à ta Pierre sa pleine mesure, cet objet délivre à peine un millième des compétences de ta Pierre. Il est bon pour les débutants, où pour ceux qui n'ont pas de Pierres qui leur est propre. Nous, on est l'Armée Royale, on a pas besoin de ces artifices.

Le jeune soldat se renfrogna, puis, mécontent, rangea dans son étui son arme avant de retourner avec ses camarades, qui n'avaient pas sourcillé . Numb chuchota :

- Il a pas compris, hein ?

- Non. Il continuera à se servir de son mousquet à pierre jusqu'au moment où il tentera de tirer une plus grande puissance de cet artifice. Et là, il verra que sa Pierre seule est plus puissante que ce ridicule pistolet.

Derrière eux, le jeune Raven était estomaqué. En trente ans...La technologie avait fait de tels progrès ? Pour qu'un objet brut puisse déployer l'énergie d'une Pierre, même de façon incomplète...Quels autres changements pouvait-il y avoir en 30 ans ?
Le général reprit la parole :

- Allez, Armée Royale ! On va détruire ces bandits ! Pour la reine et le roi !

- POUR LA REINE ET LE ROI !


Ainsi, les soldats partirent dans les rues de Jeyna. Le général guidait la file, suivi de près par Numb. Le jeune Raven marchait à côté du général de l'Armée Royale, perdu dans ses pensées. En trente ans, le monde allait faire un bond en avant si conséquent ?
L'armée quitta la ville, afin d'aller se positionner autour des remparts de Jeyna. Quelques minutes plus tard, un léger bruits de chevaux se fit entendre.

- On dirait que les prédictions de la Voyante Royale étaient correctes concernant l'heure d'arrivée !

Au loin, on pouvait distinguer une troupe compacte, lancée sur des chevaux à pleine vitesse qui se rapprochait à grande vitesse de la porte . Le Felyne Numb hurla :

- Canonniers, à vos postes !

Le félin alla rejoindre une petite troupe, postée sur les remparts. Il descendit un long canon qu'il portait sur son dos, et le positionna le long d'un créneau.

- Préparez...


En un ensemble parfait, les artilleurs insérèrent un boulet circulaire dans le canon de l'arme, et le dirigèrent vers la troupe.

- TIREZ !

Les détonations retentirent, et les boulets volèrent. Quelques secondes plus tard, de multiples explosions retentirent, tandis que des trous apparaissaient dans la formation ennemie. Le général Aryus grommela :

- Les imbéciles...Ils n'ont pas préparés de stratégie. Cavaliers, prenez les en tenaille !

Au son de la voix du général, la division équestre de l'armée Royale s'élança, en deux groupe bien distinct, qui s'élancèrent chacun d'un côté différents. Les bandits, que les tirs de canons avaient perturbés, commençaient perdre confiance, et à s'éparpiller. Mais la cavalerie de l'armée les prit sur le côtés, et les força à aller dans la seule direction qui n'était bloquée ni par des militaires, ni par des tirs de canons. Droit devant. Au milieu de la cohue, on pouvait distinguer Brutus, qui usait de son mousquet à Pierre comme un forcené afin d'effrayer les adversaires.
Poussant des cris, ils se ruèrent vers la ville. Devant la porte, il ne restait que le général et une trentaine d'homme. Le jeune Raven pesta. Ils allaient prendre la ville si ça continuait ! Mais sans s'affoler, le général Aryus s'avança, et tendit le bras . Raven fronça les sourcils, qu'est ce qu'il espérait faire seul ?

Une brume apparu devant les bandits qui s'arrêtèrent net. La température ambiante descendit de plusieurs degrés, d'une manière si soudaine que les brigands les moins vêtus commencèrent à frissonner, mais aucun d'entre eux ne pu empêcher ses poils de s'hérisser. Quelque chose allait se passer. Quelque chose de terrifiant.
Alors que la température continuait à diminuer, les bandits remarquèrent que de minuscules fragments de glace se mettaient à flotter autour d'eux, les molécules d'eau présente dans l'atmosphère venaient de se geler pour faire apparaître ces morceaux, qui convergeaient maintenant vers un seul point, au centre de cette étrange brume qui semblait née de la température.
Alors un énorme poing glacé émergea du brouillard, pour aller s'écraser devant le destrier du chef.

- Abat ton poing sur nos ennemis ! Golem de Glace !

Une tête aux dimensions inimaginables émergea. Le bras sortir prit appui sur le sol, laissant apparaître quelques fissures, tandis que le colosse de glace se redressait, et que la brume de dissipait.
La première pensée commune fut qu'il était...ENOOOOOORME. Une énorme masse de glace qui dominait d'un regard méprisant tous les misérables insectes que les bandits étaient pour lui. Si il l'avait pu, il aurait soupiré. Mais le général n'ayant pas prévu d'articulation pour sa bouche, la créature humanoïde de glace se contenta de frapper dans un bruit sourds ses deux poings l'un contre l'autre, arrachant des cris de frayeur parmi les rangs ennemis, où les premiers déserteurs fuyaient le champs de bataille. Comprenant qu'il courrait à sa perte, le leader bandit hurla « CHAAAAAAAAARGEZ! » ce qui provoqua l'assaut des quelques centaines de brigands restants.
Le général croisa les bras, tandis que la créature arma les siens.
Avant de frapper.
Le sol.
De multiples fois.

Sous les coups du golem géant, des énormes fissures se créaient, envoyant valser les montures des hommes, qui dès qu'elle le pouvaient, prenaient leurs pattes à leur crinière, traînant parfois un homme qui avait coincé ses pieds dans les étriers. Le cinquantenaire avait axé sa frapper pour toucher le moins de monde possible, seulement pour leurs faire peur. Et il avait réussis. Les bandits s'éparpillaient dans toutes les directions, même ceux qui avaient les bras brisés courraient avec toute leur énergie vers l'horizon, tant ils souhaitaient mettre le plus de distance entre eux et le monstre qui avait invoqué l'énorme créature des glaces, qui commençait à disparaître en une minuscule poussière de glace.
Seul resta le chef. Le seul qui avait pris du recul, laissant ses sous-fifres prendre les risques. Le seul qui était à peu près indemne. Lors de l'attaque, son cheval l'avait fait tomber, avant de s'enfuir comme toutes les autres montures.
Il ne pardonnerait pas un tel affront. Il allait tuer ce maudit général !
Plongeant la main dans le sol comme s'il était inexistant, il en ressortit avec ce qui semblait être une énorme masse d'arme en Terre. Un soldat cria :

- Attention Général, c'est un manipulateur de Terre !


Le général Aryus referma sa main sur le long manche de son épée qui dépassait de son dos. Le bandit n'était plus qu'à quelques pas de lui. Mais avant qu'il n'ait pu réagir, une flèche de glace fusa, et transperça la gorge du dernier bandit. Raven baissa le bras. Il avait agi sans réfléchir, en voyant son double du futur qui semblait être en danger. Un silence plana. Qui fut brisé par les exclamations des soldats.

- Incroyable général! Je ne vous ai même pas vu user de votre pouvoir !

- Vous êtes génial, général Aryus !

Raven Aryus version cinquante ans fixa sa Pierre. Il était sûr de ne pas avoir usé de son pouvoir...Alors qu'est ce qui avait pu provoquer cette flèche ? Alors un souvenir de sa jeunesse remonta. Et il éclata de rire. Une autre soldat fit :

- N'empêche...Votre déclaration avant invocation était pas très inspirée aujourd'hui !

Le vieil Aryus rougit.

- Eh ! C'est tout ce qui m'est venu à l'esprit d'accord ?

Il fut reprit par quelques hoquets de rire avant de redire :

- Tu vois Brutus ! C'est ce qui arrive lorsque l'on maîtrise à la perfection sa pierre !

Le soldat se tenait l'épaule en gémissant, un mince filet de sang coulait entre ses doigts. Le colosse blond le questionna, tandis que Numb faisait un petit bond depuis le haut de la muraille pour atterrir à côté de son ami :

- Brutus, que t'est-il arrivé ?

Ce fut un autre soldat qui répondit à sa place, puisque le jeune soldat semblait avoir trop honte pour parler :

- Son mousquet a explosé alors qu'il tirait une rafale de boules de feu. Du coup, un bandit en a profité pour lui loger un coup de lance dans l'épaule.

- Eh bien...je suppose que ça te servira de leçon. Allez-vous tous, emmenez-le, il faut le soigner .

Les soldats, obéissant aux ordre, installèrent le jeune homme sur une civière improvisée, et en quelques minutes à peine les canons furent démontés, et les soldats partirent. Il resta trois personne sur le champ de bataille, les deux Aryus, ainsi que le Felyne Numb, qui s'approcha en soupirant des fissures crée par le golem de glace.

- Ah là là...Tu n'aurait pas pu rester plus tranquille pour une fois ? Tu as encore démoli le paysage...Ça va coûter une fortune à remettre en place...On va se faire engueuler par la reine.

- Ce n'est pas de ma faute si on a une cohorte de bandit qui attaque presque tous les mois, je n'ai toujours pas compris pourquoi ils nous attaquent aussi souvent. Moi, je me contente de faire mon boulot.

- Sérieusement...Tu n'as toujours pas compris ? Ce ne sont pas de simples bandits, imbécile ! Ce sont des adorateurs de l'ancien roi Zacchary !

- Ah ? Ça explique les choses alors...Bon, Numb. Toi qui est en charge des canonniers, retourne à la salle de garde, et vérifie bien qu'ils entretiennent correctement leurs armes. Je n'ai pas envie qu'il se passe la même chose que la dernière fois.

- Pas de problèmes Boss ! Ne t'inquiètes pas pour ça. Avoir leurs armes qui explosent en pleine bataille, ça les a calmés je crois. Maintenant, ils nettoient tellement bien leurs armes que l'on a l'impression qu'elles brillent !

Le général blond sourit, tandis que le félin s'éloignait rapidement, ses armes sur le dos. Cependant, il reprit rapidement une expression soucieuse, avant de s'approcher du chef des bandits. D'un geste vif, il arracha la flèche de Glace qui était plantée dans sa gorge et l'examina attentivement. Raven restait en retrait, légèrement soucieux. En un sens, il venait peut-être de changer son destin, même si il doutait que le bandit aurait pu mettre à mal son futur. Mais voir ce qu'il allait devenir examiner la flèche comme cela le mettait...Mal à l'aise.

Maintenant, le général Aryus en était sûr, il reconnaissait la facture de cette flèche, la manière dont elle avait été taillée. Les pouvoirs de Glace étaient déjà pas très commun, ensuite, il était normalement le seul à utiliser le sien de cette façon. D'après ce qu'il savait de Juliette, elle avait plus tendance à utiliser l'atmosphère pour faire des ravages. Donc cette flèche, ce n'était clairement pas son style. C'était le sien. Et si ses souvenirs étaient juste...
Le général se redressa, et scruta les alentours. Son regard se posa plusieurs fois sur Raven, toujours sans le voir. Puis il se mit finalement à parler :

- Eh, toi ! Je sais que tu est là. Bon, j'ai pas grand chose à dire, mais réfléchis un peu à comment tu est arrivé ici, boulet. Elle se trouve dans la salle des trésors. Et l'autre a pas bougé.

Alors, le général Aryus s'éloigna, laissant sur le champ de bataille déserté un Raven complètement paumé. Et là, le jeune homme compris ce qu'il n'avait pas réalisé. Si il existait dans le futur, c'est qu'il avait réussi à rejoindre son époque d'origine. Et puisqu'il avait réussi à rejoindre son époque, ce souvenir se fixerait dans sa mémoire, jusqu'à ce que ce soit à son tour de le transmettre, et ainsi une boucle éternelle commencerait. Mais maintenant, il lui restait à interpréter les paroles qu'il s'était donné lui-même. Enfin...Qu'il se donnerait lui-même. Enfin qu'il s'était donné, mais qu'il se donnerait dans un futur éloigné de trente ans. Où plutôt...Bref, je me comprends.
En attendant, son double du futur avait visiblement bien l'intention de le faire suer (pour rester poli), puisque il ne lui avait pas dit clairement ce qu'il devait faire pour pouvoir rentrer chez lui. Putain de moi-même...Enfin de moi-même dans le futur mais quand même que je viens de rencontrer. Quoi ? Oui je sais, je m'embrouille !

BREF ! Donc il devait réussir à interpréter ses paroles (Enfin, ses paroles qu'il se dir*SBAF* Ok, je me tait.). Mais au moins, il savait qu'il allait réussir. Ce message ne devait pas être bien dur à comprendre. Après tout, les énigmes n'étaient pas sa tasse de thé favorite, alors sa version « cinquante ans » ne devait pas en être friande non plus. Donc...Ce qu'il l'avait amené ici.
Et alors, dans le cerveau fatigué, mais disposant d'un plastie cérébrale importante, quelques connexions inattendues se firent, tandis que l'ADN du Commissaire Bourrel qui était caché dans un repli de son Cortex se révéla.
Bon sang...Mais c'est bien sûr !

Raven attendit la nuit, puis il passa tranquillement la porte du château, sans que les gardes ne le remarque, comme quoi, être invisible a ses avantages (aller voir des filles dans le ves*SBAF* Aieuh !). Ne cherchant même pas à être discret, vu que personne ne lui portait attention, le jeune contrôleur de Glace se promena dans le château, recherchant la salle des trésors. Les seuls moments où il se plaquait contre les murs étaient lorsqu'il y avait une patrouille. Ils ne pouvaient pas le voir, mais s'il les bousculait, cela pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Cependant, Raven finit par atteindre sans trop de mal la salle du trésor.
Maintenant, il restait à le trouver.

Le Sablier d'Icholas devait se trouver quelque part dans cette salle, mais vu le nombre de trésors qui y sont entassés ça va être long...Raven ouvrit un coffre. Aussitôt, une alarme retentit. OH M**** ! Un sortilège de protection ! Raven imagina son double qui riait à gorgé déployée. Enfoiré...Il ne lui restait plus beaucoup de temps !
Raven se mit à ouvrir et à vider tous les coffres à l'allure maximale à laquelle il pouvait aller? Des poignées de bibelots précieux volaient à travers la pièce, les coffres sr renversaient, une fois vide, avan que Raven ne s'intéresse à un autre.
Le jeune homme entendait de l'agitation dans le château, les gardes n'allaient pas tarder à arriver ! Finalement, il finit par trouver la statuette. Emmitouflée dans une épaisse couverture, Raven la déballa, la cacha dans son long manteau et sortit en quatrième vitesse de la salle. Juste à temps, des gardes arrivaient, et constataient l'ampleur du massacre, avant de crier au voleur.

Raven, esquivant du mieux qu'il le pouvait les gardes qui courraient partout, finit par réussir à passer la grande porte, alors qu'elle était en train de se refermer. Maintenant...Il fallait qu'il franchisse les portes de la ville.

La surface étant plus grande à fouiller, les gardes étaient moins nombreux. Par conséquent, il fut plus facile pour notre voleur de passer inaperçu. La sortie fut aisée, Raven se retrouva rapidement devant la porte de Jeyna, sans avoir eu de problèmes. Ensuite, lorsque l'on tournait le dos à la ville...C'était à droite, en longeant la muraille. Raven marcha quelques minutes, avant de trouver ce qu'il cherchait. Il aperçu au loin la statue de la belle jeune fille de pierre. Respectueusement, il s'approcha sans un bruit, comme s'il avait peur de réveiller la jeune femme prisonnière de ce corps de pierre. Lorsqu'il fut à côté d'elle, il resta ainsi, quelques minutes, à la contempler. Cette aventure allait le marquer pour longtemps.
Voir à quoi ressemblerait le royaume dans plusieurs dizaines d'années avait eu quelques chose d'excitant, ainsi que de se rencontrer. Maintenant, il savait comment il allait axer son pouvoir. Jusqu'à présent, il se contentait de créer des armes, où des projectiles, il n'avait jamais songé à créer des créatures animées. Cela pourrait être intéressant...et puissant.

Raven leva le Sablier d'Icholas, jusqu'à le mettre en contact avec la Mélancholia, jeune fille de pierre. Alors, la statuette se mit à briller d'une intense lumière rose, et son corps commença à devenir vaporeux. Raven se retourna. La dernière chose qu'il vit fut un grond homme blond qui s'approchait en souriant...


Dernière édition par Lux Adhémar le Dim 15 Mai - 15:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Dim 15 Mai - 15:08

Troisième Participation : Katia Phoenix

"Êtes-vous absolument sûr que cette potion est sans danger et qu'elle ne m'empêchera pas de régler les cas des paysans demain matin Peter ? Ça me fâcherait vraiment de m'absenter parce que vous avez mis un demi-poil de physe seulement.
- Absolument votre majesté, c'est sans danger, et indolore. Cette potion va vous permettre de remonter très légèrement le temps, en fait quelques heures, et d'aller dans une dimension annexe à la nôtre, où vous pourrez vous reposer avant de revenir.
- C'est dangereux comme petite chose, je pourrais bien y rester et vieillir prématurément.
- Il faut savoir prendre des risques votre Altesse.
- Oh, donnez-moi ça idiot !"

La reine prit la fiole des mains de l'alchimiste, et leva ses lunettes de protection au dessus de sa tête, en faisant attention à ne pas abîmer sa couronne. Des cernes marqués soulignaient ses yeux violine, signes d'une intense fatigue, dans les jours précédents. D'un côté, elle n'avait pas vraiment dormi, occupée avec des affaires plus urgentes les unes que les autres. Et de l'autre, elle venait d'accomplir sa troisième mission, qui avait grosso modo consisté en surveiller les deux boulets qu'on lui avait collé comme associés pour retrouver une petite fille qui était tombée à travers une faille de la Mer de Glace. La petite avait eu besoin d'être soignée, et avait perdu déjà le bout de ses orteils lorsqu'ils étaient arrivés, parce que ces fichus aventuriers novices avaient voulu passer par en haut et s'étaient fait poursuivre par des Dévoreurs.

En d'autres termes, elle était usée jusqu'à la corde.

"Alea Jacta..." d'un geste sec, la reine avala sa décoction et grimaça. Elle était infecte. Le monde changea autours d'elle, se tordit, se compressa, puis se mit à tournoyer à toute allure. Les couleurs se mêlèrent, fusèrent de toutes parts, puis le son devint puissant, assourdissant, comme une armée entière battant des mains. Elle lâcha sa fiole, vide, qui se brisa, et fit projetée violemment contre un sol sablonneux. Un son grave et puissant la tira de ses pensées, le son d'une corne de brume.

"LA PASSE, MAIS FAIT LA PASSE PUTAIN !"

Un cri masculin la tira de sa douce fatigue, et lui fit pousser un hurlement lorsque trois baraqués en armure de cuir foncèrent sur elle, avec un bruit de tonnerre. Elle vit une balle rebondir à côté d'elle, balle qui s'avéra être un fantôme de ronces particulièrement sonné. Puis une voix. Reconnaissable entre mille.

"Désolé les mecs, mais le point est encore pour nous.
- Richard ?
- Richard !"

Elle suivit, la bouche grande ouverte, la trajectoire de la balle, qui d'un glissement soudain de magma fit demi-tour avant d'être récupérée par un homme diablement grand et musclé, qui l'envoya droit sur une femme blonde et lumineuse. Elle-même. Avec dix années de plus peut-être. Et une dizaine de kilos en moins également, son second elle était mince à en être jaloux et inquiet à la fois.

"A toi de jouer princesse !"

Katia suivit avec des yeux ronds le saut de son double, qui partit en arrière avec la grâce d'une danseuse pour frapper du pied dans le fantôme, et l'envoyer droit sur la troisième personne qui devait faire partie de leur équipe dans de fantômedesroncesball. Une jeune fille ronde aux cheveux bleu nuit accrochés de façon plus pratique qu'élégante. Elle plaça ses mains en gueule de serpent, puis rugit, et projeta un long jet d'eau sur la balle, qui fila à une vitesse hallucinante vers les cages. Les joueurs s'arrêtèrent de courir, de danser, ou même de respirer. Le gardien de but activa sa pierre, sauta, s'accrocha au rebord de la cage, se projeta sur l'autre côté, puis se mit sur une main pour arrêter d'une toile bien ficelée le fantôme des ronces.

Un coup de corne de brume.

"Faute ?" s'étonna-t-elle à voix haute, tandis que son double croisait les bras sur la poitrine, toisant l'arbitre. Mais ne connaissant pas les règles, elle se contenta de s'observer. Grande, mince, le visage fin et semblable à ce qu'on attendait d'une gravure de mode de son temps, ses cheveux lumineux tiraient sur le blanc, et sa peau laiteuse était parsemée de fines particules brillantes, lui donnant un air plus que jamais divin. Elle portait des jambières molletonnées et recouvertes d'une plaque de métal. Dans son port de tête, quelque chose de défiant, comme une arrogance qu'elle destinait au monde entier.Et tenant l'ensemble de sa longue chevelure, une couronne bien plus imposante que la sienne, un filet doré qui entourait sa tête comme pour lui faire des cornes, incrustée d'améthystes. L'autre Katia sourit à Richard du futur, qui tapa sur son torse d'impatience.

"Les sorts ne sont autorisés qu'à distance, le gardien a utilisé le contact direct.
- Mais on était pourtant en phase deux non ?
- Oui, et vous l'avez inaugurée avec un sort à distance en tant qu'équipe perdante du point dernier, donc il y a faute. Point pour l'équipe de Jeyna !"

Katia entendit le stade vibrer sous les holà de la foule et leva la tête pour la première fois. De partout des personnes qui brandissaient un drapeau doré et pourpre, ou une banderole argentée et bleue. D'un rapide coup d’œil au compteur de points, Katia comprit que les pourpres étaient l'équipe de Jeyna, dont elle faisait partie, et les bleus ceux de Thalatta. Richard donna un check à Katia du futur et lui claqua l'épaule. En retour, elle se vit lui mettre un coup de poing dans les côtes.

"La victoire revient donc à Jeyna pour cette manche, mi-temps !"

Les joueurs partirent si vite du terrain qu'elle se trouva forcée de les suivre. Dans les méandres de l'Arène de jeux, elle se demanda si c'était cela, le monde parallèle dont avait parlé l'alchimiste. Un peu comme une sorte de futur alternatif où elle pouvait se reposer. Dans tous les cas, les joueurs ne l'avaient pas vue, et personne ne croisait son chemin, s'écartant de sa route pour ne pas la bousculer sans pour autant prendre conscience de son existence. Elle avait tenté de leur voler quelque chose, mais ils ne le remarquaient même pas, les pauvres .

"Belle manche en tous cas." entendit-elle du vestiaire pourpre. Elle s'approcha, et se trouva en compagnie de l'élémentaliste d'eau qui rajustait son corset, supposé contenir ses formes plus que généreuses. "Toujours aussi efficace le coup de la balle en arrière à ce que je vois.
- Et pourtant ils nous l'ont vu faire des dizaines de fois, j'ai peur qu'ils n'apprennent jamais.
- Tout de même Katia, il faudrait se décider un jour à refaire un tournois d'équipes, un vrai, plutôt que devoir abandonner tous nos postes pour faire un match contre une délégation. "

Katia s'entendit soupirer, et s'approcha pour s'observer de plus près, intimidée par cette grande femme aux cheveux blond suédois et à la peau lumineuse qui enfilait des sous-vêtements propres.

"Jonathan était souffrant, et les indépendantistes d'Arya voulaient prendre le pouvoir. On ne pouvait pas engager une guerre contre eux, ça aurait mal fini, d'autant plus que c'était risquer de mettre à jour l’existence de l'emplacement de... enfin. Mettre en jeu une place de général des armées à qui réussirait à remporter le tournois était le mieux à faire.
- Mais vous avez remporté le tournois, et vous avez nommé quelqu'un d'autre que Richard général Madame.
- Pas Madame, Anya, juste Katia.
- Pardon, Madame."

Elle poussa un soupir, à l'unisson avec elle-même, et s'assit pour écouter la conversation.

"Vous imaginez Richard en général vous ? Il est violent, impulsif, et irresponsable en plus de ça, non c'est une très mauvaise idée. J'ai mis Lady Aymeric à la tête de l'armée jusqu'à ce que mon frère aille mieux, après ça il se fera une joie de reprendre son poste ou de désigner quelqu'un d'autre.
- Mais Monsieur Stanford vous aime Majesté, il suffit de le regarder pour s'en apercevoir."

Katia sentit son cœur s'arrêter de battre, et jeta un regard effaré à son double, dont les couleurs avaient déserté le visage, et la langue était devenue très sèche.

"Mêlez-vous de ce qui vous regarde."

Elle se vit sortir en trombe du vestiaire, et aperçut un sourire sur le visage de sa future confidente, qui terminait de fermer son corset.

"Ah Madame. Même le Roi l'a compris, c'est ça qui le rend souffrant. Il suffirait que v... ma... t..."

Katia se pencha, plus près, pour écouter, et n'entendit plus rien. Elle vit en revanche Richard sortir, comme une fleur, de son propre vestiaire, et taquiner Anya en faisant mine d'enlever sa serviette. Rouge de colère, la bonne lui hurla quelque chose qu'il prit avec une éclat de rire qui projeta ses cheveux trempés en arrière, et souleva sa poitrine hâlée, parcourue de réseaux magmatiques. Anya rougit, et sortit à son tour en l'insultant visiblement. Le regard fasciné par Richard du futur, plus grand, plus fort même que celui qu'elle connaissait, elle cessa de respirer lorsqu'elle le vit se pencher au dessus des affaires qu'avait laissées son futur. Un regard lubrique passa sur son visage quand Richard prit dans le tas de vêtements sales un maillot de corps. Les yeux ronds, elle le bouscula, il l'évita comme l'avaient fait tous ceux qu'elle avait pu rencontrer : sans même s'en apercevoir.

"Ah, Kate. Pas encore, mais ça viendra, je te le promets." Son regard, à cet instant, était planté à l'emplacement exact où elle était. Elle déglutit, avec la peur du voyeur qui se fait attraper. Il serra dans son poing le vêtement et sortit en faisant hurler la femme de ménage, lui lançant ce qui semblait être une plaisanterie grivoise.

L'image tournoya lentement, lui annonçant que son heure était terminée. Elle ferma les yeux, et les frotta. Le futur n'était pas si brillant que ça. Avec dix ans de plus, le Royaume et elle-même en étaient toujours au même endroit : à stagner car elle ne savait pas prendre une décision.

Et bien elle venait de prendre une décision.
Celle de ne jamais devenir si laxiste avec son Royaume.

Même si le fantômederoncesball n'était pas une si mauvaise idée.

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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Lun 16 Mai - 18:12

Première participation : Ilya Melnik


Prologue
.

On dit que le temps change les choses, mais le temps ne fait que passer.
Nous devons changer les choses nous même.
[Andy Warhol]



Prologue: Quatre cavaliers de l'apocalypse.

____Toujours bruyante, toujours en mouvement, débordante de sons et d'odeurs, la royale capitale du petit monde d'Az-Mary ne dort jamais. Dans ses rues, les habitants et les voyageurs se croisent, se mélangent, s'échangent leurs biens et leurs savoir, les marchandises de tout autours du globe s'y retrouvent et s'y accumulent, s'y vendent et s'y troquent. L'animation est omniprésente, on court, on crie, on vante à haute voix l'efficacité et la fraîcheur de ses produits, on gueule aux autres de bouger, de se dépêcher, de travailler plus vite. Partout une nouvelle surprise nous saute à la gorge, un tissu chatoyant, une odeur exotique jamais rencontrée, l'éclat d'une pierre rare étincelant dans la lumière dorée de l'aurore.
Et c'est dans le port de cette citée aux mille couleurs que se fait la plus grande partie de ces échanges, les hommes grouillant littéralement pour charger et décharger leurs marchandise, les bêtes ruant et soufflant impatiemment dans l'agitation générale, une masse d'apparence désorganisée mais toujours régulée, on vient, on repart, du plus petit navire au plus grand des paquebots, tout y est. Ce n'est pas pour rien, après tout, que le port Nautilus est connu dans tout le royaume, surtout dans la bouche des marins, comme le pire et le meilleur des lieus, la plus belle et la plus vilaine des villes, et surtout, surtout, comme le plus grand des croisement, autant économique que politique. Le port de la capitale attire inexorablement les gens, les meilleurs et les pires, de tout les coins du monde.

____Et quelque part dans la zone grise entre meilleur et pire, on trouvait le petit navire dont le drapeau noir avait été discrètement retiré avant d'arriver en vue de la gigantesque citée, un peu en retrait sur les quais les plus éloignés du cœur de l'agitation, les voiles descendues. Sur le pont, deux hommes étaient de garde, restés par prudence pendant que le reste de l'équipage s'occupait de chercher vivres, matériel et autres menues dépenses, ou, accessoirement, profitait pleinement des possibilités qu'offrait une ville ou tout se vend et tout s'achète, disparus dans les ruelles pour le reste de la journée.
Le premier personnage, un petit brun solide, arpentait le pont de long en large, ses bottes de cuir claquant avec violence contre le bois, ses sourcils broussailleux enfoncés et son nez retroussé, les mains dans les poches. On voyait la tension dans ses épaules, et l'énervement dans sa voix était à peine contenu, se plaignant haut et fort de ses malheurs.
____-"C'est pas juste, merde! Moi aussi je voulais voir la ville! Courte paille mon cul, cette enflure de canonnier a truqué le jeu, rien à foutre, et en plus le capitaine avale tout! Genre il a mieux à faire que moi à Jeyna! Moi j'ai des bonnes raisons! Coincé ici alors qu'on fait jamais escale dans la capitale, quelle merde, quelle merde!"
____-"Tes bonnes raisons incluent toujours des femmes, de l'argent et beaucoup d'alcool, Gaël..."
Le deuxième homme semblait nettement plus calme, assis sur la rambarde, une jambe pendante, l'autre ramenée sous son menton, lui permettant une posture stable sur le bord du navire, plié sur soi même et le regard rivé sur le quai. Même assis, il était clairement plus grand que le premier, ses cheveux roux sablés couvrant en partie son visage criblé de taches de rousseur, ne se retournant même pas pour parler à l'autre qui s'énervait tout seul, crissant des dents, les poings serrés, toisant son comparse de tout le mépris qu'il pouvait trouver.
____-"Ouais, ben moi au moins je peux me l'offrir. Et je sais comment, contrairement à certains, hein, Ilya. C'est quand la dernière fois que t'as été foutu de parler sans raconter n'importe quoi avec quelque chose qu'as des seins et des hanches, hein? Tapette."
Le rouquin ne répondit rien, se redressant légèrement de sa posture penchée pour scruter la foule qui s'agitait quelques dizaines de mètres plus loin, dans la partie du port où les grands bateaux marchands déchargeaient leurs imposantes cargaisons, des caisses et des caisses de fruits étranges, de bijoux de toutes les couleurs, de poissons luisants ou de créatures étranges, sous la surveillance des propriétaires, nerveux, leur bloc de parchemins dans les mains, grattant le papier et hurlant aux hommes qui se chargeaient des transports d'être plus prudents, plus attentionnés avec la marchandise.
____-"Hé! Tu m'écoutes quand je te cause, ou quoi!?"
____-"C'est qui ça?"
Se détachant de la foule, une silhouette s'approchait du navire, appuyée sur une canne, une cape couvrant ses épaules et une partie de son visage, ne laissant paraître qu'un nez cassé et des lèvres gercées sous un menton carré, et une carrure maigrelette et mal nourrie. Mais, s'opposant à cette apparition vaguement fantomatique, les doigts osseux qui s'accrochaient en tremblotant au bâton étaient ornés de bagues, quatre au total, l'une plus ornée encore que l'autre, visiblement des joyaux de valeur, dans lesquelles étaient encastrées des pierres bleutées très travaillées et scintillant à la lueur du soleil pâle du petit matin. Le vieil homme s'arrêta à quelques pas du navire, son regard gris et laiteux se posant sur les deux marins avec un sourire plein de crocs jaunes et cassés, ponctuées de si de là par une dent en or mal placée.
____-"Qu'est ce que tu veux, l'ancêtre?"
Gaël, fidèle à son caractère de cochon et sa grande gueule qui s'ouvrait avant que les messages nerveux n'atteignent le cerveau, avait pris la parole en premier, aboyant sur l'inconnu sur le même ton énervé qu'il avait utilisé un peu avant dans une tentative peu convaincante de provoquer son coéquipier.
____-"Vous me sembliez vous ennuyer, alors je venais vous proposer un petit jeu."
____-"C'est à dire?"
____-"Pour la modique somme de 5 alphas de bronze, je vous offre un petit voyage, un saut dans votre futur. Ou plutôt, dans vos futurs, dans trois futurs qui pourraient être les votre. C'est absolument sans douleur et sans risque, je vous assure. Qui n'as jamais rêvé de pouvoir être absolument sûr de ce qu'il deviendrait, après tout?"
Les bagues à ses mains brillaient d'un éclat vert pâle, ponctuant ses mots, toujours aussi souriant, le regard rivé sur ses clients potentiels. Secouant la tête, Ilya était sur le point de refuser poliment l'offre de l'homme, après tout, ils étaient de garde et se devaient de faire attention, et non pas s'amuser à voyager dans le temps, et de toute façon, il n'était pas pressé de savoir. Mais son exubérant compagnon le devança une fois de plus, un grand sourire carnassier se dessinant sur son visage.
____-"Ça m'intéresse. On fait comment?"
____-"Gaël-"
____-"Ta gueule Ilya, si déjà on est coincé sur le bateau pour la journée, autant s'occuper un peu! Et puis je veux savoir ce que je vais devenir, après tout, je serais 'tet riche! Allez l'ancêtre, envoie la magie."
____-"Fort bien, jeune intrépide. Mais souvient toi, il te faudra choisir l'une de tes trois destinées à la fin de ton voyage, quelles qu'elles soient. Pour commencer, c'est simple, il te suffit d'entrer en contact avec ma magie."
Sur ces mots, l'homme ferma ses yeux et se concentra, la lumière de ses bagues s'intensifiant petit à petit jusqu'à ce que se matérialise devant lui un rideau brumeux de magie brute, tremblotant et faible, comme un voile lumineux qui lançait des reflets bleu vert autours de lui, laiteux et pâle. Le brun s'approcha du bord du navire, observant la masse qui tournait doucement sur soi même, légère. De son côté, le roux affichait une moue désapprobatrice, clairement pas convaincu par les idées farfelues de son compagnon. Sauf que...
____-"Bon voyage!"
D'un mouvement sec, le plus petit des deux hommes poussa l'autre de sa position assise sur la rambarde, lui faisant perdre l'équilibre et le basculant vers l'avant, par dessus bord, vers le sol, vers le vieillard, et surtout, vers l'étrange formation magique que ce dernier maintenait en place. Avec un cri surpris, le gosse tomba, les bras devant son visage, serra les mâchoires et attendit le choc inévitable avec les lattes de bois du ponton.
Mais rien ne vint.
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Lun 16 Mai - 18:13

Chapitre premier: Le cavalier noir, porteur de maladie et de famine.

____Un long couloir, humide, sombre, crasseux, gris et triste. L'eau suintant entre les pierres, dégoulinant sur les champignons pâles et puant, s'écrasant sur le sol en terre battue. De chaque côté, des portes fermées, en barreaux d'acier, luisant et légèrement rouillé, solidement verrouillées. L'odeur de moisissure et de sueur froide, de sang et d'excréments accrocha Ilya à la gorge, ses mains se plaquèrent sur son visage, il toussa un moment avant de se forcer à respirer doucement, le nez retroussé. Ses pieds nus s'enfonçaient dans la boue au sol, il remarqua qu'il était dans une flaque, fit un pas sur le côté. Où était il? Qu'est ce qu'il faisait ici? C'était censé être son futur? Ou celui de Gaël? Il n'en était pas sûr, il n'avait aucune idée comment sortir de là. Il était perdu.
Un cliquetis de métal lui fit lever la tête, scrutant une extrémité du long couloir. Là bas, une lumière tremblante capta son attention, l'éclat d'une lanterne s'approchant de lui. Le tintement de clefs, le bruit mat de bottes, le murmure de voix. Quelqu'un. Qui?
____-"Hé!"
Ne sachant pas vraiment quoi faire d'autre, il s'élança vers les deux hommes, qu'il reconnut comme étant deux geôliers de Jeyna, l'uniforme royal étant difficile à manquer. Il était dans une prison? Qu'est ce qu'il allait chercher dans une prison? Il était maintenant dans le halo de lumière lancé par la lanterne du premier soldat qui discutait avec animation avec le deuxième, sa voix bourrue et grave résonnant contre les murs de pierre. Comment allait il s'expliquer sur sa présence ici, il se le demandait bien.
____-"Hé! Je- Enfin- Vous pouvez me dire où-"
Il s'interrompit, médusé. Les deux hommes venaient de lui passer au travers, littéralement. Rien. Pas de réaction, ils ne l'avaient même pas vu, ils avaient traversé son corps comme s'il s'agissait de simple buée, d'un nuage invisible qui flottait dans leur chemin.
____-"Que... Hé, attendez!"
Se remettant de sa première surprise, le rouquin se lança à la poursuite des gardiens, la boue éclaboussant ses pieds et son pantalon, le bruit de succion que faisaient ses pas lui tordant désagréablement l'estomac. Pourquoi ne l'entendaient ils pas, eux? Il était invisible à tous sauf lui même, fantôme, ombre de soi, simple spectateur obligé de suivre les seules personnes qu'il avait trouvé, désorienté, ne comprenant absolument rien à ce qui lui arrivait. Une prison. Deux gardiens. Une lanterne. Des couloirs à n'en plus finir.
Qu'est ce qu'il faisait là?
____-"Tiens, faut vérifier ce que deviennent les pirates là, qui sont arrivés y a une semaine!"
____-"Ah ouais, ceux là. Quelle plaie, paraît qu'ils les ont traqués pendant huit mois!"
____-"Ça faisait longtemps qu'on les cherchait, ouais. Mais sans pierre, ils sont bons à rien. C'est vraiment des plaies. Saletés. Méritent leur sort."
Au prochain tournant, ils débouchèrent sur un petit escalier droit, au dalles usées par le temps, cassées, de travers, couverte de mousse humide et de terre. Pour des cachots de la famille royale, ils étaient bien mal entretenus, sombre, trempés, froids et sale, jamais illuminés si ce n'est pour la lanterne fantomatique que les gardes transportaient avec eux, une flamme pâle brûlant en son cœur. Ilya commençait à paniquer, les mots des deux hommes résonnant dans sa tête. Des pirates? En prison? Avaient ils été si bête de se laisser capturer? Avaient ils causé tant de peine qu'ils méritaient de croupir dans ces galeries interminables?

____Ils débouchèrent sur une petite salle rectangulaire, bordée de cachots, une boîte en verre épais au milieu. Le silence était entrecoupé par un râle étrange, un bruit de respiration irrégulier et rauque, comme un bouillonnement sourd, et la résonance des pas des gardiens. L'un des deux parla dans la salle, sa grosse voix se réverbérant sur les murs, le ton moqueur et supérieur.
____-"Moins fiers maintenant, hein? On n'échappe pas à la justice pour toujours!"
____-"Ferme là, le garde, on t'as pas sonné."
Les mots venaient de l'une des cellules, quoique Ilya eut été bien incapable de dire laquelle. Mais ce qui le troublait, c'était qu'elle lui semblait étrangement familière, plus grave, plus rauque, mais malgré tout familière, connue. Il savait à qui elle appartenait.
____-"Tu veux faire le malin toi? Faut qu'on vienne te donner quelques coups de pieds pour te remettre à ta place?"
Le rouquin s'agitait de plus en plus, s'approchant maintenant des bords de la pièce, tentant d'apercevoir les personnes derrière les barreaux, plongés dans l'obscurité. Une silhouette de femme, très mince, les cheveux noirs ondulés couvrant son visage, immobile, les poignets enchaînés au murs, l'un deux étrangement tordu. Plus loin, un homme, petit, amaigri, mal rasé, les cheveux violets et en désordre, la bouche entrouverte, un œil vide suivant vaguement le mouvement des soldats.
____-"Mais vas y, fait toi plaisir! Un peu plus, un peu moins, qu'est ce que ça change!"
Une autre femme, plus grande, plus carrée, des tatouages se devinant encore sous la crasse qui couvrait sa peau. Sa lèvre tremblait comme si elle grognait, lui donnant quelque chose du grand chien ou du loup enfermé, des crocs et des morceaux de fil éparpillés dans la cellule. Ses pieds et ses mains aux ongles écorchés étaient liés, les chaînes neuves la reliant au mur. Après, un homme, grand aussi, se démarquant par sa tignasse blonde, de l'eau en gouttant à intervalle régulier, immobile, grelottant.
____-"Laisse, celui là, tu peux taper dessus autant que tu veux, il encaisse. Fout lui là paix, de toute façon ils croupissent ici, y a rien à en tirer."
Encore un homme. Pas très grand, costaud, attaché. Des lambeaux de quelque chose en paille autours de lui, couvrant en partie le cadavre d'un petit animal, un félin peut-être. Le regard meurtrier, suivant le soldat qui parlait dans la salle sans fixer de point précis, la résonance rendant la source de la voix dure à localiser.
____-"C'est ça, laisse! Laisse donc! Laisse moi donc, lâche! Chien! Lèche-cul de ta justice de merde! Tu me plieras jamais, tu m'entends?"
Le visage rouge d'être ainsi provoqué, les dents serrées, les phalanges blanches, le gardien s'apprêtait à trouver la cage de l'offenseur, prêt à lui mettre une raclée dont il se souviendrait encore longtemps, quand un bruit de toux rauque et cassé l'arrêta net dans son élan, attirant son attention sur autre chose. Ilya lui aussi cessa d'aller de cage en cage, cherchant la source du bruit, les mains tremblantes, se répétant mentalement que ce n'était pas vrai, ça ne pouvait pas être vrai, ils n'étaient pas ici, ils n'étaient pas enfermés, c'est impossible, ça ne peut pas être leur fin.
____-"Ah c'est comme ça? Tu plieras pas, hein?"
____-"Jamais!"
____-"Alors je vais pas te taper dessus, finalement. Je crois que ton pote crevard peut prendre pour toi. Au point où il en est..."
____-"..."
Le visage écartelé en deux par un sourire qui allait d'une oreille à l'autre, l'air triomphant, le gardien s'écarta de la cellule d'un des hommes qu'il avait approchée, l'ayant déterminée comme source de la voix, et se dirigea vers une autre, un peu plus loin, qui faisait le coin de la pièce, suivi de près par le fantôme d'Ilya qui se retenait de paniquer complètement. Au passage, il jeta un œil à la boîte au centre de la pièce, transparente mais visiblement solide. Elle contenait des pierres, une noire, deux vertes, un diamant, un bracelet d'argent. Quelques autres bijoux incrustés de pierres, rien d'autre. Pourquoi les laisser là? Pour narguer leurs propriétaires?

____Et puis, quand la lanterne du garde s'était assez approchée pour que l'on discerne les contours de la silhouette derrière les barreaux, le rouquin s'arrêta, figé, en se reconnaissant immédiatement. En refusant de se reconnaître. L'homme devant lui devait avoir trente ans de plus que lui, peut-être moins, mais il semblait en avoir deux cent tellement son visage était creusé, sillonné, vallonné de rides, squelettique comme le reste de son corps, la peau plus pâle que la lune, les taches qui la couvraient comme des éclaboussures de sang. On pouvait compter ses côtes, les poignets enchaînées donnaient l'impression qu'ils pouvaient sortir de leurs liens tellement ils étaient fins, mais ce corps affaissé contre le mur semblait trop faible pour ne faire rien que ça, le seul mouvement étant celui de sa poitrine, se soulevant avec lenteur, avec peine et difficulté, au rythme saccadé de la respiration hachurée qu'il entendait depuis son arrivée dans la salle. Les cheveux sales, délavés, collés sur son visage vide de toute expression, sur ses yeux vitreux qui se semblaient pas voir le soldat devant lui, se démenant pour ouvrir la porte que, dans sa rage et son excitation, il n'arrivait plus à déverrouiller.
Ça ne pouvait pas être lui. Jamais. C'était impossible. Cet homme- Ce n'était même plus un homme, c'était une loque, une chose, baignée de sueur et à peine vivante, les deux pieds dans la tombe et occupé à refermer le trou. À peine conscient, haletant, ne réalisant même pas que quelqu'un était entré dans sa cage, glacé, coupé du monde par la fièvre et le délire.
____-"Lâche! Ordure! C'est moi que tu veux, viens, viens te battre, cloporte! C'est moi que tu veux!"
____-"J'ai changé d'avis, corsaire. Et puis de toute façon, ton ami ici ne s'en rendra même pas compte! Regarde le, le terrible fléau, regarde la, ton arme invisible, ton infection! Bouffé par son propre pouvoir, plus bon à rien. C'est ça, ton équipage, maintenant. C'est votre futur. Regarde bien!"
____-"Non!"
Le pieds du soldat percuta de toute ses forces l'estomac creusé de l'homme attaché, lui arrachant un cri cassé avant que le sang ne jaillisse de ses lèvres, toussant, se pliant misérablement pour ne pas étouffer dans le liquide écarlate qui tombait sur la pierre à grosses gouttes, collant et encore chaud. Le rouquin hurla en même temps que son soi dans trente ans s'écroulait au sol sans résistance, sa voix couvrant celle du gardien et de l'homme qui l'insultait, désespéré de couvrir le bruit, d'effacer l'image devant lui, de ne plus entendre, de ne plus voir, incapable de croire que ça pouvait être lui, que ça pouvait être eux, que c'était la fin de son histoire.
Il voulait sortir d'ici, partir d'ici, ailleurs, n'importe où, mais ailleurs.
Ça ne pouvait pas être lui.
Il ne pouvait pas être si faible.
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Lun 16 Mai - 18:14

Chapitre second: Le cavalier rouge, porteur de guerre et de destruction.

____Pendant un moment, la lumière était trop intense pour qu'il puisse y voir quelque chose, ses yeux s'étant habitués à l'obscurité des souterrains, et il ne put que plaquer ses deux mains sur son visage, surpris. Il n'était plus sous terre. Il n'était plus dans cette prison, en train de mourir à petit feu. Où était il?
Le cœur encore déchaîné, le souffle court, il tenta tant bien que mal de se réadapter à la clarté du jour, regardant autours de lui, cherchant à se repérer, perdu à nouveau. Devant lui, aussi loin que l'œil pouvait porter, s'étendaient des plaines verdoyantes, l'herbe se penchant doucement sous la brise qui balayait incessamment le sol. Par endroit se dressait un arbre, un buisson, égaré, comme planté au milieu de nul part. Et au loin, la grande route pavée qui traversait le continent, une route directe vers la capitale, de ces quelques routes qui reliaient les principales villes entre elles. Il était dans les plaines de Kalei, à quelques lieues de la capitale qu'on voyait encore distinctement au loin, fumante, imposante, avec son palais et ses tours, ses remparts et le va et viens qui l'entourait toujours. Et il était très seul, à nouveau, sans le moindre repère, sans explications, sans pourquoi ni comment.
Faute de meilleure idée, il se mit en marche vers la capitale, peut-être se trouverait il, assis sur le port, sur le bord du navire, peut-être serait il dans l'un des bars à se faire un peu d'argent, peut-être serait il là bas, quelque part, bien vivant et en parfaite santé, maîtrisants sa pierre et son pouvoir, si pas heureux, au moins bon portant et libre d'aller. Ce qu'il faisait là, dans l'herbe haute, sous le soleil brûlant de midi, il n'en était pas sûr. Ce qu'il savait, c'est qu'il devait se trouver, se certifier qu'il allait bien. Et les autres aussi. Tout l'équipage.
Si tu cherches des pirates, cherche dans le port.
Sauf qu'il n'arrivera jamais sur place.

____La première chose qui le perturba, ce fut un grand cercle d'herbe carbonisée, comme un cratère noir au milieu de nul part, le sol encore vaguement chaud d'avoir été ainsi brûlé. Un autre du même genre l'attendait un peu plus loin, circulaire, perdu, inexpliqué. Pris d'un doute sans pouvoir s'en expliquer la cause, le rouquin pressa le pas en direction de la capitale, scrutant l'horizon à la recherche d'une explication. Et elle vint, l'explication, sous la forme d'un gros nuage gris, isolé dans le ciel azur, menaçant. Soudain, un long éclair s'en échappa, se fracassant au sol avec violence, des flammes se soulevant autours de lui un instant avant de diminuer à nouveau, laissant certainement une marque comme celle qu'il avait vue auparavant. Interloqué, le voyageur temporel se mit à courir vers la source de l'orage isolé. Petit à petit, il put discerner la silhouette d'une personne étrangement familière, un visage qu'il avait déjà rencontré quelque part, sur une représentation sûrement, mais auquel il n'arrivait pas à donner de nom. C'était un homme, visiblement celui qui générait la pluie d'éclairs s'écrasant sur le sol humide, tentant de toucher deux autres personnes. Non, une autre personne. Un autre homme, armé comme le premier d'une épée, le duel faisant rage dans la plaine. Un peu plus loin, au sol, une femme, blonde, petite et mince, concentrée sur le plus grand. Elle devait utiliser son pouvoir sur lui, à en juger par la lumière émanant de son corps, mais impossible de savoir de quoi il s'agissait. Ilya continuait de se rapprocher, sachant que sous cette forme, il était de toute façon invisible et intouchable.
Les fers se croisaient avec violence, aucun des deux hommes ne semblait réellement pouvoir prendre l'avantage si ce n'était pour l'électricité jaillissant tout autours du deuxième, ce qui forçait le premier à s'écarter régulièrement. De plus, l'intensité lumineuse de ces éclairs semblait le déranger grandement, bloquant peut-être le pouvoir qu'il tentait d'utiliser. De temps à autre, des ombres semblaient apparaître autours de lui, tremblante, seulement pour être foudroyées l'instant d'après par un intense éclair bleu. Qu'est ce que c'était que ce combat?

____Soudain, la femme s'arrêta net de briller, comme foudroyée. Effaré, le grand combattant aux cheveux jais se retourna pour la voir s'effondrer, les mains plaquées sur le ventre le visage crispé tandis qu'elle résistait visiblement à une douleur dont la source était encore inconnue. Cet seconde de déconcentration suffit au manipulateur d'éclairs pour s'élancer vers son adversaire, lui affligeant une longue coupure superficielle lui arrachant un juron mécontent alors qu'il se retournait vers son agresseur, prêt à je jeter sur lui. Mais la blessure s'infecta subitement, s'ouvrant et se tordant à vue d'œil, saignant, verdissant, purulent. La douleur semblait s'étendre comme un éclair dans le corps de l'homme, la peau virant au bleu, puis au noir, s'écaillant, mourant à toute vitesse, l'infection semblant creuser à toute vitesse le corps de l'homme.
____-"Que..."
____-"Étonné, mon petit neveu? Tu croyais que je viendrais seul reprendre ce qui me reviens de droit?"
C'est seulement à ce moment là qu'Ilya remarqua la silhouette mince très en retrait de la scène, quelqu'un qui avait du juste arriver, peut-être resté à distance jusque là. Il n'avait qu'un bras, le gauche ayant été complètement sectionné, et portait une armure légère, noire. À son cou, une pierre verte. Avec horreur, Ilya se reconnu, malgré les balafres et le travail du temps. Mais ce qu'il ne reconnaissait pas, c'était cette démarche sure, cette cruauté calculée, les deux personnes frappés s'écroulant presque instantanément, dévorés à toute vitesse par une maladie que nous connaissons bien, qui fait pourrir et mourir les cellules organiques jusqu'à ce que la personne touchée se décompose complètement. Le rouquin était sidéré, attendant toujours que son soi futur s'arrête avant qu'il ne soit trop tard, paniqué par cette puissance destructrice, mais l'homme n'en faisait rien, achevant les deux jumeaux, un rictus étrange sur la bouche, les doigts tremblants, le regard rivé sur les corps maintenant blafards, rongés, trouées, méconnaissables.
Satisfait, le manipulateur d'éclairs remit son arme dans son fourreau, le nuage d'orage au dessus d'eux se dissipant doucement. Il souriait d'une oreille à l'autre, l'air d'apprécier un travail bien fait. D'une tape sur l'épaule, il félicita son comparse, avant de se retourner vers la grande capitale au loin, la contemplant les mains sur les hanches, le torse bombé.
____-"J'ai récupéré mon royaume, mon pouvoir. Ma gloire. Nous pouvons régner ensemble, mon ami..."
____-"Ensemble?"
L'homme s'immobilisa, les yeux exorbités, avant de plaquer sa main sur sa bouche, son visage virant au blanc lin, pâle comme la mort, de la sueur commençant à perler son son visage. Il eut une courte inspiration saccadée en se retournant vers son homme de main, l'horreur se lisant sur son visage alors qu'il fixait l'autre qui restait stoïque, imperturbable. Un éclair bleu raya l'azur du ciel, frappant de plein fouet le balafré, mais au lieu d'être foudroyé sur le coup, l'électricité sembla se fendre un peu au dessus de l'homme, se divisant en mille petits serpents qui touchèrent le sol et le carbonisèrent, laissant la cible indemne.
____-"C'est toi même, Zacchary, qui m'as appris comment contrer ton pouvoir. Mais au mien tu n'échapperas jamais. Ce fut un plaisir."
Impuissant, le manipulateur de foudre s'effondra à son tour, vidant ses entrailles devant lui, agité de convulsions, plus pâle que la mort. Du sang coulait de ses lèvres, ses deux bras cramponnaient son estomac, terrorisé, cherchant à toute vitesse un moyen de se sortir de là sans en trouver.
____-"Maudit..."
____-"Mais plus vivant que toi, mon cher."
Sur quoi l'homme au sol s'écroula, rongé de l'intérieur, tandis que le grand balafré s'en allait, se dirigeant vers la ville désormais sans maître. Ilya quand à lui était resté figé sur place, se fixant, l'information refusant d'atteindre son cerveau. Il venait vraiment de tuer de sang froid trois hommes? Sans hésiter, sans ciller, sans se poser de questions? Sans autre raison que le pouvoir? De trahir quelqu'un qui semblait lui faire confiance sans une trace de remords?
Ce n'était pas lui, cet homme. Ce grand balafré au sourire sans joie, ce monstre, cette chose. Ce n'était pas lui, cet homme pourtant inhumain défiguré, efflanqué, vidé de toutes émotions.
Ça ne pouvait pas être lui.
Il n'était pas un assassin.
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Lun 16 Mai - 18:14

Chapitre troisième: Le cavalier pâle, porteur d'épidémie et de mort.

____Il resta longtemps les yeux fermés, les poings sur ses orbites pour ne rien voir, les genoux ramenés contre le torse, tremblant. Il ne voulait pas voir ce que lui réservait son troisième futur, paniqué à l'idée d'une situation encore pire que celles qu'il avait vues jusque là, terrifié que s'il regardait maintenant, il trouverait quelque chose d'absolument horrible, intenable. Ce fut le bruit de vagues et le ballottement tranquille, la sensation du bois sur lui et le cliquetis de cordage qui le convaincu finalement, résigné qu'il ne pouvait passer le reste de ses jours à se cacher. doucement, les doigts tremblants, il se découvrit le visage, inquiet, pour ne voir devant lui qu'une étendue bleue s'étirant à l'infini. La mer. L'océan. La rambarde d'un navire qui lui était inconnu, naviguant paisiblement au milieu des flots azurs, balancé avec lenteur sur l'eau. Il était quelque part sur le pont arrière d'un navire en pleine mer, naviguant tranquillement vers une destination inconnue.
Sa curiosité maintenant piquée, il se leva, s'aidant du mur pour se redresser. Levant les yeux, il vit le drapeau noir au dessus des voiles blanches immaculées, porté par le vent du large. Un bateau pirate? Il vit le tour du navire, lentement, cherchant ses propriétaires. Son cœur fit un bond quand il reconnût, non sans difficulté parce qu'il semblait tellement plus âgé, plus mur et sûr de soi, Raven, sans armes, un nœud de cordes sur le dos, en chemin vers la porte menant dans le ventre du bateau. Un espoir le prit soudainement, et il suivit le grand blond, croisant au passage quelqu'un qu'il ne connaissait absolument pas avant d'entrer dans le cœur du navire. Avec une joie grandissante, il repéra un grand chat noir, clairement très vieux, qui ressemblait vaguement à celui de Niènor sans que le rouquin ne puisse être sûr qu'il s'agissait bien de lui et pas d'un autre, occupé avec trois félyne qui semblaient lui faire la vie dure. Une fois en bas, il se sépara de son guide pour chercher des visages connus, allant d'une porte à l'autre dans un bateau qu'il ne connaissait pas, mais dont les occupants lui étaient familiers. Un à un, il les trouva tous, ces hommes qu'il avait commencé à apprécier comme une famille, un équipage soudé, une bande de corsaires boiteux mais curieusement efficaces quand ils s'y mettaient.
Remontant sur le pont, il reconnu immédiatement l'homme à la barre, même sans son grand chapeau, allez savoir pourquoi il ne l'avait pas sur la tête. Ils étaient tous là. Ils étaient tous là, plus ou moins occupés à entretenir le navire, à s'activer, à se presser ou se reposer, à profiter du soleil radieux dont les rayons caressaient l'eau calme. C'était... paisible, tranquille, comme une pause entre deux mondes, deux temps. D'ailleurs- il ne s'était pas vu?

____Levant le nez, Ilya scruta le nid de pie, tout en haut du mât, hors duquel un bras ballottait paresseusement. C'est vrai que ça devenait long après quelques jours, de fixer l'horizon, mais c'était contemplatif. Curieux de savoir quelle tête il avait, cherchant à effacer ce visage balafré de sa mémoire, il commença à grimper lentement le cordage, posément, avec une prudence dont il n'avait pas vraiment besoin de faire preuve vu son état d'ectoplasme en grande partie immatériel et en tout cas très invisible, montant dans le ciel, le vent le secouant légèrement de droite à gauche. La sensation était grisante, il avait l'impression de n'être jamais parti, de n'avoir derrière lui qu'un vilain cauchemar.
Maintenant très joyeux, il passa la tête par dessus le bord de bois servant de protection en cas de mauvais grain, s'attendant presque à se trouver tel qu'il était aujourd'hui. Au lieu de ça, il se retrouva face à face avec un visage sombre, le teint très halé encadré de cheveux ébène, deux yeux de jais fixant l'horizon sans le voir. Une jeune femme, petite et trapue, carrée, armée d'une arbalète et d'une vingtaine de flèches posés avec attention contre la bord de bois. Désorienté, l'homme fixa à nouveau le navire, cherchant un éclat roux, quand une voix étonnamment grave résonna à son oreille, le faisant sursauter et presque tomber du cordage.
____-"Île à deux heures!"
Automatiquement, son regard se dirigea vers la fine ligne azur de l'horizon, cherchant la terre ferme, et effectivement, encore loin mais se découpant clairement sur le bleu uniforme du ciel, on pouvait voir les contours d'une île, turquoise sous l'effet de la distance, vers laquelle le navire se dirigeait maintenant, adaptant son cap. Sa curiosité piquée, et aussi parce qu'il ne savait toujours pas où il était, Ilya redescendit sur le pont où l'équipage commençait doucement à s'activer et se préparer. Seulement, dans cette agitation calculée, quelque chose lui manquait. Quelque chose qu'il avait ressenti l'instant d'avant, et qu'il ne trouvait plus. Il comprit quoi en voyant passer un visage familier, un des membres qui faisaient déjà partie de l'équipage il y a trente ans.
Il manquait une étincelle de joie, d'insouciance. Ces gens étaient graves, emprunts d'une mélancolie qui lui était étrangère, d'une vague tristesse qui voilait leurs regards. Et qui était apparue en même temps que l'annonce de l'île.

____En s'approchant, on put petit à petit discerner les détails de la côte. Une langue de galets, des plages de pierre grise laissant place à une série de petits pontons de pierre s'étirant dans la mer. Une grande perche de bois rongé par le temps, surmonté d'une lanterne au verre brisé. Quelques petites maisons disparaissant dans la forêt, de grandes plaines, des champs qui n'avaient plus étés entretenus depuis un moment déjà, l'herbe haute comme un homme debout. Un grand village, certainement, mais à en juger par les fissures parcourant les murs de brique, les trottoirs éventrés, les enseignes rouillées et décrochées. Avec un bruit d'éclaboussure, l'encre tomba dans l'eau, suivie de près par une petite embarcation à rames, le port étant trop détérioré pour qu'un bateau plus grand ne puisse s'y amarrer sans danger.
____-"Cap'taine! Cap'taine, z'ètes sûr de vouloir débarquer ici? Regardez là!"
La jeune fille du nid de pie s'était penchée par dessus la rambarde, pointant sur une pancarte déglinguée qui avait visiblement été plantée en hâte entre deux dalles éclatées. Plissant les yeux, le rouquin arriva tout juste à discerner ce que disaient les lettres effacées par le vent salé du large, le sable et le temps.
Épidémie, accès interdit.
____-"Oui."
Interloqué, Ilya vit une partie de l'équipage - presque tous des visages connus - descendre dans la petite embarcation de fortune. Il les y suivit sans comprendre, tentant d'ignorer le fait qu'il était debout dans quelqu'un, laissant derrière lui le grand voilier et les gens qu'il n'avait jamais vus, en direction de cette étrange île sans vie.

____Ils marchèrent longtemps. Ils marchaient en silence, un silence qui lui était insupportable. Pour un endroit aussi vert, l'île était étrangement silencieuse, le vent dans les feuilles, les pas sur les dalles. Suivant un petit chemin au travers de champs désertés vers le cœur de l'endroit, s'écartant de la plage, en direction du soleil qui commençait à faiblir en cette fin d'après-midi, entre les herbes folles. Petit à petit, le terrain commençait à se dégager, la végétation se faisait moins dense, jusqu'à ce qu'elle soit assez basse pour qu'il puisse discerner ce que camouflaient avant le blé et les ronces sauvages. Entre les anciens canaux d'irrigation maintenant desséchés, rangées impeccablement dans les cultures en friche, étaient dressées des pierres. De petites dalles plates au bords arrondis, toutes pareilles, lui atteignant peut-être le genoux, taillés proprement. parfaitement droites. Et sur chaque pierre, un nom, toujours différent, et une date, toujours la même. C'étaient des tombes. Des champs de tombes, comme il n'en connaissait que des guerres, pas entretenues mais encore en relativement bon état. Et la date... C'était dans vingt-cinq ans. Ou il y a cinq ans, selon. Des milliers de personnes, certainement l'entièreté de la population de la petite île, décimés en un jour.
Que c'était il passé ici?
Un doute horrible l'effleura. Affreux. Une réflexion qui surgit en se souvenant du panneau "épidémie" et qu'il se dépêcha de refouler, refusant d'y penser. Au lieu de ça, il tenta de se concentrer sur le petit groupe d'hommes qu'il suivait, s'écartant maintenant du chemin dallé, s'engageant entre les tombes en silence, se dirigeant vers l'extrémité de ce cimetière qui lui avait semblé sans fin au premier abord, vers la lisière d'un bosquet d'arbres délimitant deux champs. Là, au pied d'un arbre, un peu à part, une pierre qui ne ressemblait pas aux autres, mais plus à l'une des dalles qui pavaient les rues, un peu retapée et dressée. Le nom gravé dedans au couteau et d'une main peu sure, il ne le reconnaissait que trop bien, avec la pierre qui pulsait faiblement en dessous, scellée dans le roc.
Il se tenait devant sa propre tombe.
____-"Quel con."
Ilya sursauta, surpris d'entendre une voix, déshabitué par le long silence qui avait enveloppé le groupe. Tout ces visages qui lui étaient familiers. Raven, Niènôr, Grey, Loba, et Sacrys bien sûr, sans qui cette aventure n'aurait même pas pu commencer. Et deux autres qui ne lui disaient rien mais qu'il connaissait, visiblement. Tous, ils semblaient étrangement vieux, rongés après tant d'années, peut-être parce qu'il ne les avait pas vus vieillir en faisant un bond de trente ans. Peut-être parce le deuil leur allait mal, à ces gens qu'il associait à l'espoir, à un nouveau début, à une joie de vivre dont il avait désespérément besoin.
____-"Dis pas ça, tu sais aussi bien que nous qu'il a essayé de l'arrêter."
____-"Ben c'est raté."
____-"Vos gueules."
Sept silhouettes, la tête baissée, le capitaine devant. Devant lui. Devant ce qu'il restait de lui, devant ce qu'il avait fait, accidentellement peut-être. Distraitement, le rouquin porta sa main à son poignet, enserrant le bracelet dans lequel se trouvait sa pierre, la gorge nouée, l'estomac à l'envers, paralysé alors qu'il réalisait, forcé par les faits écrasants, pourquoi. Une goutte d'eau vint s'écraser sur la tombe, sans bruit, suivie de près par deux autres. Quand il releva la tête, Ilya ne vit que des visages fermés, se mordant la lèvre, les yeux fermés, les mâchoires serrées. Et quand il voulut voir l'expression du mercenaire, le grand chapeau lui bloqua la vue, couvrant complètement les yeux de ce dernier.
____-"Allez, on s'en va. Il fait trop froid ici."
Acquiesçant en silence sans une seule remarque sur le soleil qui avait tapé sur tout le chemin de l'aller, le petit groupe se remit doucement en déplacement, les pieds lourds traînant dans la terre et les graviers. Un vent léger faisait plier les herbes, une poignée de feuilles mortes se traîna devant eux. On entendait vaguement le bruissement des feuilles et le craquement du bois, l'île ne semblant être faite que de végétation, sans une seule âme qui vive. Le jeune homme fixait encore sa propre tombe, les trois larmes dans la terre, le cœur serré. Il écoûtait le mouvement des autres, entendit leurs pas s'interrompre une dernière fois.
____-"Adieu."
Et ils étaient partis, reprenant le chemin inverse, le laissant planté devant la dure réalité.
Devant ce qu'il avait fait.
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Lun 16 Mai - 18:14

Épilogue: Le cavalier blanc, porteur de la parole de Dieu.

____Ilya se redressa subitement, baigné de sueur, le visage trempé de larmes. Sa respiration était saccadée et irrégulière, il sentait une douleur sourde dans son épaule, ses yeux exprimaient une peur sans limite, une incompréhension, une panique pure qui ne redescendait que petit à petit pour laisser place à un sentiment de vide absolu. Hésitant, il regarda autours de soi pour constater qu'il était sur le quai allongé sur le dos, Gaël le regardant du haut de la rambarde du bateau avec un air intéressé et le vieillard penché au dessus de lui. Avec lenteur, le rouquin se redressa, mortifié par ce qu'il venait de vivre, à peine une journée mais pourtant trente ans, ces visions qui le poursuivaient encore. C'était ça, son futur? C'était ça, ses options, ses seules perspectives?
Un sourire étrange se traça sur le visage de l'homme qui se tenait penché sur lui alors qu'il se redressait doucement, perturbé, désorienté, tentant tant bien que mal de rassembler ses expériences.
____-"Alors, jeune homme? Quel destinée as tu choisi?"
Incrédule, le jeune homme fixait ce visage ancestrale vallonné par les rides, cet homme qui avait sa vie derrière lui, accroché à sa canne, imperturbable. Et puis son regard gris dériva vers le port et les ruelles, son esprit comme bloqué, paralysé par la panique, l'impossibilité de choisir, coincé dans une proposition sans issues. Au loin, quelques silhouettes commençaient à se détacher de la foule. Une jeune femme, Niènor, ses cheveux noirs retombant sur ses épaules, sa démarche gracieuse calquée sur celle du chat noir qui la suivait, un vague sourire flottant sur ses lèvres. Raven qui les avait momentanément rejoints, son épée dans le dos, en pleine conversation animée avec le biolide à la tignasse violette qui traînait un sac qui devait faire trois fois son poids, leur discussion animée portant leurs voix jusqu'au navire. À côté, gueulant contre leurs idées avec lesquelles elle n'était visiblement pas d'accord, la grande femme tatouée qu'il avait appris à respecter, Loba, qui éclata de rire en plein milieu de sa phrase, visiblement amusée par une bourde du blond. Et devant cette joyeuse troupe, leur capitaine, un sourire à lui en fendre la tête sur le visage, une bourse tintant à sa ceinture qui n'y était pas quand il était parti, une main dans la poche, l'autre levée pour saluer les deux hommes restés au bord.
Son choix était fait.
Soudainement décidé, le roux se retourna à nouveau vers le vieillard, dans son regard brillait maintenant un air de défi, une certaine fierté et euphorie qu'il ne se connaissait même pas, déterminé.
____-"Aucune des trois."
Le sourire du vieil homme s'élargit, et il s'inclina avant de repartir d'où il était venu avec un dernière déclaration avant que le groupe n'arrive à leur hauteur.
____-"Bon choix."
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MessageSujet: Re: [Avril/Mai] Concours d'écriture, le temps, la forme, le premier !   Aujourd'hui à 10:57

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