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 Ilya Melnik

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Ilya Melnik
necrolide


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Qui est notre héros ?
Pierre [et pouvoir]: Tourmaline verte [Maladies]
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MessageSujet: Ilya Melnik   Mar 5 Avr - 21:35

Partie I: Votre personnage

Identité:

Nom: Melnik
Prénom: Ilya
Âge: 27 ans
Lieu de Naissance: Sainteville


Sa pierre:

Nom: Tourmaline verte
Pouvoir détaillé: Contrôle des maladies:
Cette pierre permet à son possesseur de déclencher chez n'importe qui les symptômes d'une maladie existante, tant que l'utilisateur du pouvoir la connais et a pu en observer les effets chez quelqu'un avant. Elle provoque l'apparition et la multiplication quasi-instantanée du virus/bactérie/champignon/infection voulu dans ou sur le corps de tout être vivant visé se trouvant assez près de l'utilisateur. Elle ne permet pas de causer de blessures physiques directes mais peut, par le biais d'une saloperie ou d'une autre, endommager des organes sur le long terme.
Son inconvénient principal est la difficulté et le temps qu'elle prend pour être maîtrisée. Au début, celui qui la possède n'en a qu'un contrôle très sporadique, capable de ne provoquer que des quintes de toux occasionnelles, et victime lui même des humeurs de sa pierre qui peut facilement se retourner contre lui ou rendre malade les personnes l'entourant sans que l'utilisateur ne puisse rien y faire.
Avec le temps, son contrôle s'améliorera et lui permettra de s'en servir sur des plus grandes distances, avec des maladies de plus en plus dévastatrices, et de moins en moins d'effets secondaires
Toutefois, il reste que la pierre ronge son maître. Plus elle est utilisée, plus l'état de santé de l'homme se dégradera, de plus en plus instable et capricieux, jusqu'à ce que, probablement, elle lui coûte sa peau.



En quelques lignes:

Description physique: Très grand, pas très gras, mais plutôt bien bâti pour quelqu'un qui avait passé la moitié de sa vie à essayer par tout les moyens de trouver à manger, Ilya est, malgré son physique assez particulier, un personnage discret et furtif, pas très fort physiquement mais étonnamment agile et rapide pour quelqu'un de sa taille. Ses bras et ses jambes sont longs et fins, sa musculature discrète. Sa peau matte est criblée, couverte, tapissée de taches de rousseurs, le visage, les bras et le dos étant les parties les plus touchées. Et encore, ça c'est après ne pas avoir vu le soleil pendant une semaine.
Le jeune homme a les cheveux roux, presque carotte, et légèrement ondulés qui retombent sur son visage longiligne en mèches épaisses et désordonnées, couvrant en partie deux yeux gris-bleus fins et allongés et un grand nez droit.
Il porte le plus souvent du noir ou du brun, et rien très remarquable, préférant les vêtements amples qui avalent un peu sa grande stature et lui permettent de se fondre dans le paysage.
Description mentale: "Je parlais de quoi, déjà?" Ilya est un personnage assez discret d'apparence, qu'on pourrait croire pas très bavard et assez renfermé. Et c'est, à priori, le cas. Sauf qu'il est incapable de penser droit. Très éparpillé, il lui arrive souvent de passer du coq à l'âne au champignon sans pouvoir retracer sa réflexion inverse, et réussir à tenir une conversation censée et constructive présente pour lui un véritable défi. Il dort très peu, ce qui n'aide pas à sa concentration, et souffre des sautes d'humeur de sa pierre, ce qui ne lui a pas fait que du bien non plus.
De plus, son caractère un peu instable le rend sujet à des changement assez brusques d'humeur et fait de lui quelqu'un d'émotionnellement assez mal foutu, facilement déstabilisé et embrouillé. Il est du genre à s'attacher très fortement à une personne et accorder facilement sa confiance, mais en même temps, il s'est endurcit à la vie et aux coups durs, ce qui l'a rendu méfiant. Sa personnalité est assez bipolaire, en conflit perpétuel, ce qui se montre surtout dans sa façon de parler et sa gestuelle, caractérisés par un désordre mental plus ou moins prononcé selon le moment. De ce fait, il est très difficile à cerner et peut faire un peu peur, sans le chercher pour autant.




Son histoire:

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Partie II: A propos de vous

Prénom ou Surnom: Color ou Caïn ou Koorinounours pour les intimes.
Âge: 17 ans
Quelques mots sur vous? Heuw... Oh et puis zut, vous verrez bien, je ne mords pas.
Que pensez-vous du forum? Des remarques à faire (rapidement)? J'adore l'idée, mais honnêtement là sur le coup j'ai pas de remarques constructives.
Votre présence sur 7: Heuw, comme sur l'autre fow', peut varier avec mon niveau de stress mais en général présence régulière.
Avez-vous lu le règlement? CODE OK PAR KATIA
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Ilya Melnik
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MessageSujet: Re: Ilya Melnik   Mar 5 Avr - 21:35

.

HALLELUJAH
Rufus Wainwright________________



Imaginez vous assis dans une salle mal éclairée, enfumée, sombre, entouré par le bruit des verres s'entrechoquant, des rires étouffés, des conspirations. Assis à une table, un alcool fort dans la main, les pieds se balançant sous votre tabouret crasseux. Les mains croisées sur la nappe tachée de gras, une bougie tremblant faiblement devant votre visage fermé. Quelque part, un vieux piano pousse péniblement un grincement de notes étrangement familier, gémissant, tordant ses entrailles en une mélodie lente et posée, mélancolique, accompagné par la voix grave et tremblante de l'homme dont vous ne devinez que la silhouette.
Hallelujah.
Mais tout les regards sont en ce moment rivés sur la scène, le seul endroit ou l'éclairage est plus fort, un vieux parquet qui un jour devait être lisse, deux rideau rouge miteux, délavés, aussi sales que les tables, tout ce qui décore encore les lieux. Mais qui s'intéresse à l'état des lieux. L'alcool a depuis longtemps effacé ce type de réflexion, et, même affalé sur la table, se noyant dans son verre renversé, on ne se soucie plus trop de rien. Le seul intérêt que présentait cette salle, la seule chose qui attirait le monde dans ce trou miteux, c'était l'homme qui dansait, seul, dans la lumière tremblantes des grandes lanternes circulaires, doucement, suivant parfaitement le son de la musique. Ses yeux étaient fermés, ses lèvres entrouvertes, chacun de ses gestes délibéré et réfléchi.
Hallelujah.
Ses doigts descendaient doucement le long de son corps, déboutonnant petit à petit le haut noir qui laissait voir ses épaules couvertes de taches de rousseur. Il était tout en noir, si ce n'était pour les quelques accents d'argent apportés par trois anneaux à son poignet gauche et sa cheville droite, émettant par instant un tintement discret qui se noyait dans le flot de la musique. Chaque geste, chaque action, tout était parfaitement coordonné tandis que, pas à pas, avec une lenteur presque intenable, les boutons s'ouvraient, un à un, jusqu'au dernier, le vêtement glissant au sol pour laisser paraître sous la lumière de flammes une peau criblée de petites taches brunes, les doigts continuant leur chemin, toujours aussi doucement, la tension dans l'air presque palpable tandis que, imperturbable, l'homme continuait à se déshabiller sur scène, comme coupé de son public.
It's a cold and it's a broken Hallelujah.


Hallelujah.


I heard there was a secret chord
That David played and it pleased the Lord...

Les passants la voyaient tout les jours, cette maison. Grande, lumineuse, richement décorée, parée d'or et de bleu, trônant majestueusement dans l'une des plus grandes rues de Sainteville, entourée d'un parc toujours verdoyant, parfaitement entretenu. L'histoire de cette famille était connue, les Melnik s'étaient enrichis à une vitesse incroyable grâce à quelques mariages arrangés avec des noblesses déchues et un talent indéniable dans la spéculation, marchands dans l'âme. Ils n'étaient pas mauvais ou escrocs, non, ils étaient juste doués dans leur domaine, avaient su calculer leur coup, et avaient eu de la chance.
Et maintenant? Dans la grande maison, outre le personnel, il ne restait que peu de monde. La descendance de cette famille avait doucement diminué, ils avaient perdu leur premier enfant, et maintenant, le vieux couple n'avait plus qu'un jeune fils dans lequel ils avaient mis tout leurs espoirs. Toute personne le contemplant de l'extérieur aurait décrété que le petit Ilya, du haut de ses cinq ans, était un enfant bien chanceux, dorloté, adoré, préparé depuis la naissance pour reprendre la succession. Après tout, n'était ce pas magnifique, en ces temps instables ou les royautés se disputaient le petit bout de terre qu'était Az-Mary, que d'être né ainsi dans un cocon, à l'abri du vent et des intempéries?

Ilya était un enfant de rêve. Un peu turbulent, peut-être, mais il avait tout ce qu'on pouvait se souhaiter d'un fils. Le sourire, les grand yeux admiratifs, l'intelligence et la perspicacité de son père, les traits fins de sa mère. Son frère décédé, dont il avait hérité le prénom, avait toujours été curieusement maladif, triste, renfermé. Lui au contraire offrait tout ce qu'on pouvait attendre de lui, égayant à tout moment la grande demeure de son rire clair et franc.
Ses parents quand à eux lui faisaient mener une existence tranquille, son père assez stricte et sa mère plus douce, quoiqu'elle non plus n'oubliait pas à quoi était destiné ce petit d'homme qu'elle couvait comme un œuf fragile, aimante et juste. En clair, il menait une vie privilégiée et profitait d'une éducation variée dès le plus jeune âge, protégé et tranquille, loin de tout souci.

Le jeune garçon était assis à une grande table d'ébène, ses petits pieds se balançant à quelques centimètres du sol, la curiosité le faisant s'agiter inutilement sur la table. À côté de lui, sa mère déballait doucement un paquet cadeau, prenant bien son temps alors que son fils s'impatientait visiblement de ne pas savoir ce qu'elle lui avait ramené. Enfin, ses mains entourèrent le tissu noir dans la petite boite décorée, et elle souleva fièrement une chemise ornementée, à la taille d'un petit garçon, tissée d'argent, quelque chose qu'on ne pouvait porter que pour des occasions. Une petite merveille. Mais la déception qui se peignit sur le visage de l'enfant était dure à rater.
-Maman, tu me prends toujours du noir, et j'aime pas le noir...
-Mais? Tu ne voulais rien porter d'autre!
-Mais non, c'est pas vrai! J'aime pas le noir!
Avec un soupir et un haussement d'épaule, la femme replia la chemise sombre et la reposa sur la table, visiblement troublée par cette réponse à laquelle elle ne s'attendait absolument pas. Ilya poussa un petit soupir désolé et, se mettant debout sur sa chaise, embrassa poliment sa mère et la remercia, s'empara du vêtement et se précipita vers sa chambre, lui criant qu'il le porterait pour la fête des rois.
Les traits de la femme s'éclairèrent à nouveau.

-Maman?
-Oh, Ilya, excuse moi, je pensais à autre chose. Tu as de très beaux yeux or, tu sais, comme ton père.
Le jeune garçon cligna de ses yeux gris clair, légèrement désorienté, regardant sa mère avec une certaine incompréhension. Celle ci le prit simplement dans ses bras, visiblement heureuse, tremblant légèrement, mais le sourire aux lèvres. C'est le moment que choisit un domestique pour frapper à la porte, l'entrouvrant pour s'adresser au petit bout d'homme qui se retourna pour le voir venir.
-Ilya? Votre père vous attend pour vos leçons...
-Je viens!
D'un petit bond, il se défit de l'étreinte de sa mère, l'embrassa poliment sur la joue, et, de ses petits pas rapides, se dépêcha de suivre le grand homme qui le menait à son père qui lui apprenait, doucement mais sûrement, les cordes du métier.

Il apprenait vite et bien, sage et attentif, même s'il avait parfois du mal à rester concentré. Pour un enfant de son âge, il était remarquablement futé et très prometteur, les espoirs de son père semblant être fondés. Il lisait et écrivait remarquablement bien, comprenait tout ce qui lui était expliqué en très peu de temps, et en plus de ça, il semblait toujours être d'excellente humeur, joyeux et rieur,
La grande porte de bois noble qui menait au bureau dans lequel il apprenait s'ouvrit, et il posa un instant le livre qu'il était en train de lire à voix haute à son professeur visiblement fier de lui.
-Maman?
But you don't really care for music, do you?
It goes like this, the fourth, the fifth, the minor fall, the major lift, the baffled king composing Hallelujah.



Hallelujah.


Your faith was strong but you needed proof, you saw her bathing on the roof, her beauty in the moonlight overthrew you.
Toutes les belles choses ont une fin, c'est bien connu. Et la fin de cette belle histoire tout droit tirée d'un conte pour enfants, ce fut la mort soudaine du père, rongé en quelques heures par une maladie qui le prit à la gorge, une infection si violente et incontrôlée qu'aucun médecin n'eut le temps de faire quoi que ce soit, comme un horrible cauchemar qui refusait de s'arrêter, donc on ne pouvait pas se réveiller. Un soir, il s'était tout simplement écroulé, toussant du sang, agité de spasmes incontrôlées, et au matin, le docteur appelé en urgence sortit de la chambre, la tête basse, le regard grave, pour annoncer que cet homme n'était plus de ce monde.
L'enterrement fut grand et cérémonieux, tenu en dehors de la ville, dans un grand cimetière verdoyant aux tombes décorées et soignées, bien entretenues, entre les arbres en fleurs. Beaucoup étaient venus, certains que le jeune garçon, accroché à la main de sa mère, n'avait jamais vus de sa vie. Du haut de ses quatorze ans, ses yeux noyés de larme rivés sur le cercueil, il pleurait comme il n'avait jamais pleuré avant, incapable de comprendre pourquoi son père devait les quitter aussi subitement. Auprès de lui, sa mère suivait les événements le regard vide, inerte, comme si son âme n'était pas dans ce corps immobile, paralysé devant la tombe de son mari.
Ce jour là, quelque chose d'important avait définitivement cassé dans son cœur.

-Maman, maman, c'est moi, c'est moi, Ilya! Maman! S'il te plaît, maman!
Le garçon martelait de ses poings la grande porte noire, le vernis s'écaillant légèrement sous le choc de ses mains qui tentaient désespérément de passer au travers du bois solide qui se dressait devant lui, mur infranchissable qui le séparait de sa mère. Cette dernière s'était enfermée dans sa chambre, refusant de voir qui que ce soit, et surtout pas cet enfant qu'elle ne reconnaissait pas comme le sien. Depuis la mort de son mari, sa santé, surtout mentale, avait dégringolé en flèche, entraînant dans sa chute son fils qui ne savait plus quoi faire, désespéré d'aider le seul parent qu'il lui restait. Le monde qu'il avait toujours connu était en train de s'écrouler tout autours de lui comme le crépit de la vieille maison. Il avait l'impression d'être seul, délivré au regard du monde qui le regardait se battre avec l'énergie du désespoir pour sauver une femme qui ne se retournerait jamais.
-Tu n'es pas mon fils, tu n'es pas mon fils! Il est mort, mort, comme mon mari!

-Maman, arrête, arrête, tu me fait mal!

Un gamin de quinze ans, caché dans la cabane à bois derrière la grande villa, un œil maintenu fermé par l'hématome qui faisait enfler sa peau et sa chair, larmoyant, crachant une dent entre ses doigts. Il était couvert de bleus, des brûlures et de griffures, hors d'haleine, tentant d'échapper à la folie de sa mère. Sa situation devenait de pire en pire, elle devenait de plus en plus incontrôlable, imprévisible, dépressive un instant, violente le prochain, hystérique encore après. Sa raison l'avait définitivement quittée, et cette famille qui n'étais connue plus que pour sa chute soudaine, inattendue, sa décadence subite. Tombée du throne d'argent qu'elle s'était construite à la sueur de son front, déchue, brisée. Tant de travail, tant de générations, un seul malheur, pour tout détruire.

-Maman?

Les flammes s'élevaient dans le ciel noir, léchant les nuages, se déroulant en rubans orange vif vers les Dieux d'Az-Mary qui s'étaient fait la guerre et avaient réussi à s'entre tuer l'un après l'autre, loin au dessus de la ville, la colonne de fumée dominant la villa en feu. Devant, des passants agités regardaient la scène alors que les systèmes d'eau de la ville étaient mis en route en urgence, des pompiers se tuant à contenir le brasier qui répandait sa chaleur destructrice tout autours de lui, dévorant les rideaux, les fenêtres, les tables et les portes de bois, noircissant les murs, faisant s'écrouler le toit, rongent même les pierres, anéantissant complètement le parc délaissé. Purgeant. Vidant. Effaçant toute trace du désespoir et de la folie qui les avait frappés.
On ne retrouva que des cendres et des gravats, les décombres de la maison ayant brûlés jusqu'à la dernière poutre, des jours durant, sans s'arrêter. De la mère et du fils, aucune trace. Tout était détruit.
She tied you to a kitchen chair, she broke your throne, she cut your hair, and from your lips she drew the Hallelujah.


Hallelujah.


Maybe I have been here before, I know this room; I have walked this floor, I used to live alone before I knew you.
Quelques années plus tard, son sac autours de l'épaule, un jeune homme se tenait devant la nouvelle villa qui remplaçait l'ancienne, un imposant bâtiment doré, avec un grand parc parfaitement ordonné, la barrière résolument fermée. L'inconnu n'était clairement pas dans son élément, ses vêtements marquant son appartenance à une classe sociale bien inférieure à la noblesse qui s'était appropriée l'endroit. Il contrastait étrangement avec les lieux, un peu crasseux, pas très soigné, se tenant courbé, son regard vide fixé sur cette maison toute neuve, toute brillante, resplendissante.
Il en avait coulé de l'eau sous les ponts.

Il n'avait pas vraiment d'identité, il allait d'un petit boulot à l'autre, ne restait jamais bien longtemps. Il faisait un peu peur, peut-être, avec ses sautes d'humeur inattendues, ses phrases sans queue ni tête, ses histoires dont il ne retrouvait jamais le fil. On le mettait où on pouvait, on lui donnait un peu de travail, mais personne ne voulait d'un gars aussi bizarre pour un poste fixe. Ça, et il ne savait, au final, pas faire grand chose. Il était futé, certes, capable de s'adapter et de comprendre ce qu'on voulait de lui, mais ses capacités restaient, quelque part, assez limités. Il donnait l'impression de n'avoir rien appris quand il aurait du apprendre.
En plus, sa santé laissait à désirer. Une maladie persistante le reprenait régulièrement, le poursuivait partout, toujours pire, petit à petit, quelque chose de progressif et immuable. Il était convaincu que ce qui avait détruit son père finirait par le prendre aussi, et personne ne pouvait l'aider. Personne pour lui donner le nom de ce mal qui lui collait à la peau.

Redescendant la longue rue résidentielle, il quitta les lieux sans un mot, se dirigeant vers les parties plus sombres de la ville, plongé dans ses réflexions. Ses pas le menaient vers les quartiers qui lui étaient dorénavant les plus familiers, les bas fonds, les ruelles, les coures intérieures et les recoins, le port qui exerçait toujours sur lui une certaine fascination sans qu'il n'ait jamais trouvé bateau à embarquer, on ne prend pas les malades quand on perdait déjà assez d'hommes comme ça.
En toussant, il ouvrit une petite porte arrière, jetant une raie de lumière glauque sur les dalles à ses pieds avant de s'engouffrer dans les coulisses d'un petit bar un peu miteux, laissant à l'entrée la veste sombre qui le protégeait du froid extérieur. La salle était encore assez vide, il devait être en avance. Reprenant son souffle rauque, il se dirigea vers le fond de la pièce, discrètement, rasant le mur, passant facilement inaperçu dans la semi obscurité de la salle, pour s'asseoir près du vieux piano qui trônait, témoin de temps meilleurs, dans un coin. Ses touches d'ivoire écaillé et jauni brillaient légèrement dans le noir, lui permettant de se repérer, et, s'asseyant sur le tabouret grinçant, il souffla sur le bois fendillé, soulevant un petit nuage de poussière grise.

Soudain, les lanternes de la scène s'allumèrent toute ensemble, tremblant un instant avant de se stabiliser, attirant l'attention du public. Quelques personnes de plus arrivaient encore, et puis la porte se ferma définitivement, les rires remplissant l'espace restreint. Quand le jeune homme posa ses mains sur les touches, arrachant une plainte longue et difficile à l'instrument, le brouhaha se tarit en un murmure attentif, rivé sur la scène. Et puis, la musique accéléra, le piano geignant douloureusement, torturé, crachant ses accords rapides au vent, tandis qu'une grande femme s'avançait sur la scène, un sourire aguicheur accroché à ses lèvres rouges, ses pas calculés et réfléchis. Applaudissements, rires, musique, quelques bières et un peu de liqueur, et une femme, semblerait il, est tout ce qu'il faut pour rendre les hommes heureux dans leur misère, malgré la tension politique qui déchirait le royaume.

Tôt dans la mâtiné, le jeune homme put enfin retirer ses doigts de l'instrument torturé, les mains raides, le dos tendu, épuisé d'avoir joué toute la nuit. Son regard retourna une dernière fois vers le parquet poussiéreux que le dernier danseur quittait dans une révérence finale sous les protestations des clients, maintenant bien imbibés, qui se retirèrent au compte goutte en grommelant. Le pianiste toussa un peu et ferma ses yeux un instant, complètement vidé, soulagé de pouvoir enfin aller manger un morceau et s'allonger, rattraper enfin le sommeil qui lui manquait cruellement. Une grosse main se posa soudainement sur son épaule, le surprenant et le tirant momentanément de sa torpeur. Il bascula la tête en arrière pour se retrouver face à face avec son patron, un gros homme dont l'unique amour était l'argent. Ce dernier lui adressa un grand sourire, ce type de sourire qui indiquait qu'il avait eu une idée.
-Dis moi, Ilya...
-Oui?
-Tu ne préférerais pas la scène à ton piano grincheux? Je suis sûr que tu te débrouillerais magnifiquement bien...
I've seen your flag on the marble arch, love is not a victory march, it's a cold and its a broken Hallelujah.


Hallelujah.


There was a time you let me know whats really going on below, but now you never show it to me, do you?
Sa santé s'était beaucoup dégradée pendant cette dernière année, à tel point qu'il avait maintenant du mal à gagner correctement son pain, alternant entre dormir et travailler, s'écroulant dans un coin dès qu'il le pouvait, la douleur l'immobilisant. Mais depuis quelques jours, il était coincé dans sa petite chambre au dessus du bar, fiévreux, malade, inguérissable. Le mal qui refusait de le quitter semblait enfin avoir pris le dessus, le rongeant de l'intérieur, lui faisant tousser ses poumons et vider entrailles. C'était quand même lamentable, comme fin. C'était sans intérêt, même pas triste tellement c'était laid, un homme se tordant de douleur, en nage, délirant, parlant à des fantômes que seul lui pouvait voir, le regard vitreux mais empli de terreur. Il en fallait peu pour tuer un seul homme.
Il suffisait d'un bon virus.

-Oui, le vieux roi est déchu, et Jonathan a à nouveau autorisé l'usage des pierres!
-Tu es sérieux!? Mais c'est une excellente nouvelle, ça! Tu sais où je peux en trouver?

Assit sur son lit, le jeune homme contemplait, l'air perplexe, le fin bracelet de fer à son poignet. Fermement incrusté dans le métal se trouvait une minuscule pierre verte à l'éclat vaguement inquiétant, si claire qu'elle en semblait presque transparente, discrète. Une pierre bien curieuse qu'il avait reçue, une bénédiction autant qu'une malédiction, une épée à double tranchant. Certes, l'enchantement qui la maintenait et la liait à lui semblait annuler cette étrange maladie qui avait failli lui coûter sa peau, mais le pouvoir qu'elle lui proférait lui semblait plus un mauvais sort qu'une quelconque aide. Après tout, un pouvoir aussi instable avait pratiquement autant de chances de le tuer que ce qu'il avait eu avant.
Et pourtant.
Et pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'espérer, une fois encore, que ses ennuis disparaîtraient comme par magie maintenant qu'il possédait cette petite pierre aux couleurs changeantes.
Ça ne coûte rien d'espérer.
Remember when I moved in you; the holy dark was moving too, and every breath we drew was Hallelujah.


Hallelujah.


Maybe there's a God above, and all I ever learned from love was how to shoot at someone who outdrew you.
Au sol, sur la scène poussiéreuse, sont maintenant éparpillés le haut noir et les deux chaussures, pendant que, alors que le couplet final est entamé, le danseur commence à se défaire de son dernier vêtement, avec la même lenteur calculée qui entretenait la tension dans la salle, dont le niveau sonore avait maintenant baissé en un murmure rieur, impatient, résultat d'une progression délibérément ralentie et recherchée. La ceinture à l'attache d'argent, défaite, chuta dans un tintement sur un temps plus fort du vieux piano rauque. Ses deux mains longues et lisses, un éclat vert à son poignet attirant l'attention, descendirent posément vers ses hanches, glissant sur sa peau pâle, les doigts fins encerclant la couture du pantalon.
Hallelujah.
Au premier rang, un homme se redressa soudainement alors que la musique s'interrompit, coupé par la toux violente qui le secouait et le forçait à se courber sur sa table, la main sur sa poitrine, les yeux révulsés. Deux tables plus loin, une grande femme tomba de sa chaise, même symptômes, alors que le premier s'époumonait, plié en deux, virant au blanc de ne plus pouvoir respirer. Et sur scène, le danseur s'immobilisa, contemplant la scène d'un air effaré, comme réveillé de la transe dans laquelle il se trouvait jusque là. Soudain, la couleur fut drainée de son visage, et il s'écroula sur le vieux parquet grinçant, les mains plaquées sur la bouche, tremblant, en nage. L'agitation gagne la salle, on crie, on se lève, et quand l'homme déversa ses entrailles sur le sol, blanc comme un linge, la panique se déclencha, la foule se pressant vers la sortie, comme une fièvre subite qui se répandait dans les esprits et les faisait courir vers l'air libre, en réaction en chaîne. Jusqu'à ce qu'il ne reste que le jeune homme, effondré sur la scène, toussant, couvert de sueur et pâle comme un mort.
Hallelujah.
D'une porte arrière s'ouvrant sur la rue sombre et boueuse, noyée sous une pluie battante, le même homme est éjecté, poussé avec violence dans l'eau et la crasse, s'effondrant contre le mur en face et glissant au sol, à demi conscient, balbutiant des mots qui se noyaient dans les torrents de flotte et les hurlements enragés de son patron, qui lui balança à la figure un nœud informe qui devait être le haut du danseur. L'homme tenta de se relever, tremblant, et s'écroula à nouveau, ses jambes refusant de le porter. Devant lui, la petite porte arrière claqua avec violence, le laissant dans l'obscurité, sous les torrents que le ciel vomissait sur la ville, le sang de son dos éraflé contre la pierre se mélangeant lentement à la mixture infâme qui couvrait les ruelles.
Le flot informe de mots entrecoupé de hoquets maladifs qui s'échappait de sa bouche se tarit doucement, et il s'immobilisa complètement, les larmes, le sang et la pluie dégoulinant sur ses épaules nues, pénétrant jusqu'à dans ses os, le laissant très seul dans le silence assourdissant de la colère du ciel.
And its not a cry you can hear at night, its not somebody who's seen the light, its a cold and its a broken
Hallelujah.


Dernière édition par Ilya Melnik le Jeu 28 Avr - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ilya Melnik   Mer 6 Avr - 22:27

Je ne sais pas trop quoi dire d'autre que... WOAW.
C'est vraiment excellent, très complet, on reste suspendu à la poésie et la complexité de ton écriture du début à la fin. C'est vraiment une très, très, très, TRES bonne fiche que tu nous sers là ^^. Il n'y a pas grand chose sur le contexte du forum, mais on imagine très bien, avec ce que tu décris, qu'il a vécu un peu reclu par rapport aux évènements brusques en Az-Mary. Je te souhaite dans ce cas la bienvenue, te valide bien évidemment, et te souhaite un excellent jeu =)



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MessageSujet: Re: Ilya Melnik   Aujourd'hui à 10:57

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Ilya Melnik
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